On est loin des records de 2003, année de la canicule, et des 63 000 hectares partis en fumée. Mais, pour les pilotes de la base aérienne de sécurité civile, cette saison de feux de forêt est bien la plus intense depuis longtemps.

“La saison est plus dense que ces dernières années, on a entre 15 000 et 16 000 hectares brûlés, indique Roger Gennaï, chef du groupement avions de la sécurité civile à la base de Nîmes-Garons. L’an dernier, on était à un peu plus de 10 000 hectares.” Si l’écart, pour Roger Gennaï, n’est pas si important que cela, le delta est plus significatif avec les – déjà – 2 600 heures de vol effectuées par les pilotes, soit le double de la précédente saison estivale.

Un été difficile avec plusieurs incendies simultanés

Et, à la fin du mois d’août, les facteurs de risque sont toujours là, et font figure d’épée de Damoclès au-dessus de nos forêts méditerranéennes. “On avait peut-être perdu l’habitude d’une saison haute, avec les années précédentes des printemps pluvieux, mais on a le retour de la sécheresse sur l’arc méditerranéen, le stress hydrique est plus important cette année, poursuit le chef du groupement avions de la base. Et ce niveau de sécheresse engendre des risques plus élevés que ces dernières années.”

Une situation qui, cette fois, touche particulièrement le sud-est de la France, relativement épargné ces derniers temps, et moins le sud-ouest, qui a eu droit à un printemps et un été plus humide, notamment sur la façade atlantique. Mais, des Bouches-du-Rhône à la Corse, en passant par le Var et les Alpes-Maritimes, l’été a été difficile. “On a eu des’chantiers compliqués, souligne Roger Gennaï. On a eu des pics d’activité, avec plusieurs incendies en même temps, mais par chance c’était entre la Corse et le sud-est, nous n’avons pas eu le grand écart à faire entre sud-est et sud-ouest.”

Malgré tout, les pilotes ont dû s’employer, et le matériel a souffert aussi. Et ce n’est peut-être pas fini. La suite, ça dépendra des conditions météo. “En septembre, on a un peu plus d’humidité qui tombe le soir, les nuits sont plus longues, ça nous aidera un peu, explique le lieutenant-colonel Michaël Bernier, chargé du bureau communication au sein de la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises. Mais nous ne sommes pas à l’abri de trois jours secs avec du vent, et ça peut aller très, très vite. Si on n’a un mois de septembre archi-sec, en octobre on y sera encore !”

“Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas, ajoute Roger Gennaï. Mais ce qui est important, c’est notre doctrine qui a fait ses preuves.” Une doctrine en place depuis 30 ans, qui cumule le guet aérien armé, surveillance qui permet de tuer le feu dans l’oeuf, et les attaques massives avec les Canadair si le feu a pris de l’ampleur. “Les moyens aériens, c’est la première des armes”, souffle Michaël Berrier, qui rappelle qu’en Espagne, au Portugal ou en Italie, on a allègrement dépassé les 70 000 hectares brûlés cette saison.

laprovence.com

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