En 2012, l’amicale des sapeurs-pompiers de Toulouse a découvert un gros trou dans sa caisse. À la dérive, le président flambait et se «dopait». Solde des comptes devant le tribunal.

«Le pire, c’est qu’au début il a gagné. Mais cela n’a pas duré…», prévient Me Pierre Alfort devant le tribunal correctionnel de Toulouse. À ses côtés, un homme abattu, «qui a tout perdu, ou presque», insiste son avocat. En arrêt maladie, ce pompier de 37 ans a vu partir sa femme, ses amis et ses ambitions professionnelles.

En 2011, il était président de l’amicale des sapeurs-pompiers de Toulouse, une association qui regroupe les deux centres de secours de la ville de Toulouse (Vion et Lougnon) plus Buchens, à Ramonville. Seulement à la même époque, ce professionnel a également découvert le poker. Des parties entre amis accompagnés des premiers coups gagnants. Et l’euphorie qui doucement transforme le joueur d’occasion en accro du tapis vert, au casino ou sur internet.

Une spirale. Ajoutez quelques lignes de cocaïne, trop d’alcool et la glissade devient vertigineuse. «Une vraie descente aux enfers», résume le président Jérôme Glavany.

En 2012, par hasard, un membre de l’amicale est tombé sur les relevés bancaires de l’association. Il a découvert des facturations pour des achats de vêtements, des croquettes pour chien (!) ou des paiements sur un site en ligne de poker. Surprise totale et incompréhension. Les caisses de l’amicale, créditée notamment avec la vente des calendriers, servent au fonctionnement des associations sportives des pompiers «et à de nombreuses œuvres caritatives, locales ou nationales», explique l’avocate de l’association, Me Rachel Lefevre.

En interne, quand les pratiques du président ont été découvertes, les pompiers étaient abasourdis. Le trésorier est également soupçonné. Les premières vérifications ont même évoqué 100 000 € de déficit.

De nouveaux dirigeants ont épluché les comptes. «Un travail patient avec l’aide d’un expert-comptable», détaille Me Lefevre. Au final, plus de 62 000 € manquaient dans les comptes. Les investigations des enquêteurs de la sûreté départementale ont confirmé les errements.

Dépité, l’ancien président assume face à ses juges. Sur les 8 000 € qui lui sont reprochés, le trésorier jure au contraire : «Ce n’était que des avances». Défendu par Me Rémi Scaboro, il a d’ailleurs été relaxé. «Singulier pour quelqu’un qui a déjà remboursé une partie de ce qu’il devait», s’étonne la partie civile.

Le président, condamné à 6 mois de prison avec sursis, a déjà vendu sa voiture pour combler une partie du trou. La procureur Anne Gaullier réclamait une peine avec sursis accompagnée d’une mise à l’épreuve pour assurer soins et remboursement. «Quel intérêt ?, défend Me Alfort. Depuis 2012, et la découverte de sa dérive, véritable suicide, il se soigne et rembourse. Il va continuer.»

Source : ladepeche.fr

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