Le SDIS 77 active un plan de féminisation. Il compte déjà quelque 580 femmes SPP et SPV. Parmi elles, la lieutenante-colonelle Lavenant et l’adjudante-cheffe Delaye.

Appelez-les « adjudante-cheffe » et « lieutenante-colonelle ». Avec des « e », comme nous y invite désormais le SDIS 77.

« Je n’y attache aucune importance. De toute façon, on me dit simplement Chef », sourit Laurence Delaye, numéro 2 du CS Champagne-sur-Seine.

« Il faut parfois forcer le trait pour bousculer les mœurs, mais ce n’est qu’un point du plan de féminisation du SDIS », remarque Laurence Lavenant, chef du groupement Est de Seine-et-Marne (Provins, Montereau), qui a supervisé ce document, signé le soir de la journée de la femme (voir ci-dessous).

Les deux SP assurent avoir rarement eu à se plaindre d’un comportement ou d’une remarque déplacés. « C’est comme partout, du moment qu’on fait ce qu’on a à faire et qu’on le fait bien, il n’y a pas de souci », juge l’adjudante-chef Delaye.

La Seine-et-Marne plus ouverte que le sud de la France

Cette femme de 46 ans a quitté le Vaucluse pour la Seine-et-Marne, en 1991. « Le colonel Bernoux, qui m’a recrutée, était très ouvert d’esprit. Dans le Sud, en revanche, on ne prenait pas de femmes à l’époque… », témoigne Laurence Delaye. Elle y a pourtant découvert le métier comme volontaire, en éteignant des feux de forêt. « J’ai toujours fait du sport. Je savais que je ne finirai pas dans un bureau ! »

Montereau, mardi. Entre le terrain et les tâches administratives, l’adjudante-cheffe Laurence Delaye a trouvé « le parfait équilibre ».

La lieutenante-colonnelle Lavenant, elle, a suivi les traces de son père dans les CS du sud seine-et-marnais. « Mais c’est un vrai choix, pas seulement une tradition familiale. Un engagement au service de la population », explique cette femme de 42 ans, qui a fait des études de droit pour devenir officier et « s’investir dans le fonctionnement du SDIS ».

Montereau, mardi. La lieutenante-colonnelle Lavenant a voulu être officier pour « apporter sa pierre à l’édifice »

Comme pour les hommes, être pompier est surtout « une vocation » indispensable pour s’épanouir dans un métier aux horaires atypiques. « Quand on décale (NDLR : partir en intervention) et qu’on retrouve son fils sur le trottoir devant l’école, on se maudit », soupire Laurence Delaye, dont les deux fils sont désormais âgés de 18 et 20 ans.

« C’est important de les associer à notre activité et de tout leur expliquer », souligne Laurence Lavenant, elle-même maman d’un fils de 10 ans et d’une fille de 6 ans.

La leçon a été comprise. « Récemment mon fils aîné a été très fier que je lui remette en personne son casque de pompier », confie l’adjudante-cheffe comblée. Preuve que la transmission peut aussi se faire de mère à fils.

Un plan pour faciliter la vie des femmes pompiers

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Montereau, ce mardi. Les hommes et les femmes ont déjà leurs propres vestiaires dans les casernes seine-et-marnaises. LP/P.D.S.

« Le but est de faire connaître la profession et de permettre aux femmes de l’exercer dans de bonnes conditions. Il ne s’agit pas de leur donner une place à part mais de tenir compte de leurs particularités », résume la lieutenante-colonnelle Lavenant, qui a supervisé le plan de féminisation SDIS 77.

Il sera signé ce jeudi soir par son directeur, le colonel Eric Faure, la présidente de son conseil d’administration Isoline Millot et la préfète Béatrice Abollivier.

C’est une déclinaison départementale du plan d’actions national de septembre 2016. Partant du constat que les femmes ne représentent que 15 % de l’effectif des SP, 4,5 % des SPP et 17,1 % des SPV.

Le ratio est similaire en Seine-et-Marne, qui compte quelque 580 femmes. Il a pourtant accueilli sa première femme pompier, Danièle Belzanne, dès 1977, un an après le décret ouvrant la profession aux femmes, le 15 octobre 1976.

Le plan du SDIS 77 prévoit un plan de communication pour recruter plus de femmes. Il s’agit ensuite de les fidéliser, en revoyant les modalités d’accueil, en adaptant les tenues, le matériel et les locaux, en valorisant la promotion des femmes et en engageant une réflexion pour les aider à concilier vie privée et travail.

Source de l’article : leparisien

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