Il termine sa dernière garde, ce samedi 30 mars à 8 h au CSP Quimper. Jean-Pierre Morvan, Quimpérois « pur beurre », a été SPP pendant 42 ans à Quimper (Finistère). Portrait.

Sa main tremble en servant son dernier café au CSP. Trémolos dans la voix en remerciant ses collègues de cette journée de surprises. À 62 ans, Jean-Pierre Morvan, Quimpérois « pur beurre », terminera sa dernière garde ce samedi matin, à 8 h. En même temps que ses 42 années d’une carrière bien remplie de SPP.

Ses collègues ont déguisé « Papoune », comme ils le surnomment affectueusement, en panthère rose.

Tout a commencé « par hasard » le 1er septembre 1977. « Mon père, Pierre, travaillait à la Ville. Il a créé le comité social et assurait les permanences de l’ambulance municipale, seul, le week-end. Un de ses copains l’a poussé à me faire passer le concours. » Jean-Pierre est tourneur-fraiseur.

Séquence bizutage au CSP Quimper

« Papoune », comme le surnomment affectueusement ses confrères en le déguisant en panthère rose, entre au centre de secours de la rue de Pont-l’Abbé. « Je me suis enraciné. Ce qui n’était pas une vocation est devenu une passion. » « C’est lui qui le ferme symboliquement quand on déménage à Keradennec en octobre 2013 », glisse sa huitième cheffe de centre, Géraldine Bourgoin. « J’ai toujours la clé chez moi. » Il aurait pu ranger le casque et les bottes à 55 ans. Pas prêt psychologiquement. « Je voulais connaître le super équipement dans lequel on travaille désormais. » Il a poussé jusqu’à ses 62 ans.

« La famille »

L’adjudant-chef est chef de garde depuis 2009 : il pilote dix-sept SP. « Le meilleur du métier ? C’est les gars. La famille des pompiers. Ça compte énormément. Mon rôle est aussi de prendre soin d’eux. » Ses interventions les plus marquantes ? « L’Amoco Cadiz. C’était dégueulasse et ça puait. Beaucoup d’hommes, peu de matos. Autant vider un lac avec une petite cuillère. » Mais aussi « l’ouragan de 1987, les inondations de 2001… »

C’est l’heure du déguisement

La mémoire déroule. « Ce que je retiens le plus, ce sont les choses pas belles. Tristes. Celles dont j’ai le plus de mal à me séparer : les morts sur la route, les incendies. Et la mort subite du nourrisson : j’en ai eu beaucoup. C’était une période bizarre : on allait avoir un de nos enfants avec Maryse. » Ils en ont eu deux. « Pensez à eux. À vos petits enfants. Quand on se retourne, ils sont déjà grands » lance-t-il à son équipe. Papoune va regarder grandir les siens. Sa petite fille fête ses 8 ans ce samedi.

Après 42 ans au service des autres., Jean-Pierre Morvan va profiter de ses petits enfants. Et peut-être rejoindre l’association Pompiers solidaires, redonner un coup de main à Très Tôt Théâtre..

Source de l’article : ouest-france

Commentaires(s)

comments