Le prix le plus prestigieux du 117e concours Lépine, qui récompense les inventeurs, a été remis à Samuel Mercier, infirmier urgentiste aux Pompiers de Paris.

Le « MedPack » est une station de travail médicale extra-hospitalière, inventée par Samuel Mercier. LP/J.D.

Le «MedPack», une station de travail médicale révolutionnaire

Grâce à cette invention, le personnel soignant a tout sous la main pour intervenir en urgence à l’extérieur de l’hôpital. L’ensemble ne paye pas de mine, mais pourtant, le MedPack, qui a reçu lundi soir le prix le plus prestigieux du concours Lépine à la Foire de Paris, pourrait révolutionner le secteur ambulatoire.

« C’est vraiment une innovation de rupture, l’idée, c’est de dire aux professionnels qu’ils peuvent faire autrement », explique l’inventeur Samuel Mercier.

Le « MedPack », cette station de travail médicale extra-hospitalière, permet au personnel soignant, en intervention extérieure, d’avoir sous la main, tout le matériel indispensable pour des soins d’urgences, « que ce soit des transfusions ou des simples piqûres ». Moins de 7 kg et trois gestes seulement sont nécessaires pour mettre en place le pied à transfusion télescopique, le plateau d’intubation intégrée et la mini-pharmacie.

Fort de son expérience, Samuel Mercier a conçu une station de travail compacte, pesant 7 kg et transportable à l’épaule, qui se déplie en trois secondes.

Une cinquantaine de stations déjà fabriquées et utilisées

Une fois stabilisé sur son trépied, le « MedPack » devient un « espace de travail emménagé »: poubelles pour le tri sélectif des déchets, pied à transfusion télescopique, ampoule éclairant la zone accidentée, plateau d’intubation intégré, mini-pharmacie sécurisée et même possibilité d’accrocher un parapluie!

Une cinquantaine ont déjà été fabriqués et sont utilisés par les pompiers, ainsi que par des CHU en Suisse et en Belgique. Il doit prochainement être déployé au Liban auprès des militaires français.

« D’autres utilisations en zones ‘difficiles’ sont envisageables: lors d’interventions en montagne, à la campagne par des vétérinaires ou même en maison de retraite par des infirmiers libéraux », selon Samuel Mercier.

Paris, ce mardi. Samuel Mercier, infirmier urgentiste aux Pompiers de Paris, a reçu le prix le plus prestigieux du 117e concours Lépine, le lundi 7 mai 2018. LP/J.D.

Tout a commencé après sa réorientation professionnelle, en 2007. « Avant j’étais pompier à Paris, mais j’avais cette frustration de ne pas savoir ce que devenaient les victimes, quand le Samu prenait le relais. » Il décide alors de devenir infirmier. « J’ai commencé à travailler dans une ambulance de réanimation, se souvient-il. Je me suis vraiment dit qu’il y avait un décalage entre ma formation et la réalité du terrain. » En cause : « Quand on arrive sur les lieux d’un accident ou d’un attentat, on a beau mettre un champ stérile, c’est très vite souillé et les blessés peuvent développer des infections par la suite. »

L’esprit d’un homme d’affaires

Six ans plus tard, en 2013, Samuel Mercier finit de concevoir son premier prototype. « Mais c’était encore très rustique, c’était trop lourd, et il fallait une dizaine de gestes pour l’ouvrir. » Impossible à utiliser dans l’urgence, donc. Sans se décourager, il commence à partir à la recherche de financements.

Infirmier le jour à la brigade des sapeurs-pompiers de Port-Royal (Ve), Samuel Mercier apprend à se transformer en homme d’affaires la nuit. « Pour développer un business model ou même déposer un brevet, je me suis formé sur Internet le soir, après mon travail et quand les enfants étaient couchés, glisse Samuel Mercier. Cela fait six que je ne dors pas. » Depuis, une cinquantaine de « MedPack » a déjà été fabriquée. « Bien sûr, les pompiers de Paris l’utilisent, mais on en a également vendu en Suisse et en Belgique ! » Certains devraient être envoyés au Liban auprès des militaires français.

« Je suis fier de ce que j’ai accompli, mais on ne se rend pas compte des sacrifices et des moments de découragements… » confie le militaire. Mais ne comptez pas sur lui pour se reposer. Quand on lui demande ce qu’il fait demain ? Il répond d’un air surpris : « J’ai des réunions de programmées dans la matinée avec l’Etat-major. »

Sources de l’article : Le Figaro & 20 Minutes

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