La vie du centre de secours de Nogent-le-Rotrou est passionnante. Manoeuvres qui maintiennent les pompiers opérationnels, rassemblements et départs en interventions…

Il est 7 h 30. Le casque vissé sur la tête, en tenue avec la veste de protection et les chassures « Rangers », nous écoutons les directives du chef de garde*, Vincent Guesneux et du capitaine Pascal Prat, chef du centre de secours des sapeurs-pompiers de Nogent-le-Rotrou.

Jusqu’au lendemain, 7 h 30

C’est l’heure du rassemblement. « Un moment important, confie le capitaine. L’équipe « montante » croise les autres sapeurs–pompiers du régiment ».

Les chefs se transmettent les consignes et font le point sur les opérations de la veille, évoquant les quelques soucis techniques. Nous sommes alignés devant le chef de garde, qui distribue les fonctions de chacun.

Les hommes du feu à côté de moi ont pris leur service et ce, pour 24 heures, jusqu’au lendemain, 7 h 30. « Notre effectif est de huit personnels en garde postée, mais en fonction du cycle de garde, d’autres sapeurs peuvent venir compléter les rangs ».

Le premier rassemblement terminé, les hommes se retrouvent autour du café du matin. Dans la salle de « détente », figure la photo de Benoît Delahaie, pompier décédé en 2016 d’un cancer. Une photo pour ne pas l’oublier. D’une certaine manière, c’est comme s’il était toujours là.

Il est temps pour nous de vérifier les engins. A 8 heures pétantes. Ici, le programme est minutieusement mis en place, afin d’être opérationnel à tout moment. Chaque pompier sait ce qu’il doit faire avec son véhicule. « Nous avons une vingtaine d’engins, poursuit le capitaine Pascal Prat. Des fourgons, VSR, des VSAV, des CCF, EPA, un SMUR en convention avec le centre hospitalier… »

Non loin des engins, se trouve la partie équipements, ici sont posés les gilets de protection individuelle, talkie-walkie…La vérification des véhicules des pompiers est primordiale, c’est à ce moment-là qu’on assure d’aucuns dysfonctionnements.

 

[VIDEO : 24 heures avec les pompiers]

Au terrain d’entraînement

8 h 30. C’est l’heure de la pratique. Je me dirige, avec les autres, à l’extérieur pour l’entraînement journalier : maintien et perfectionnement des acquis. Au centre d’entraînement, cohabitent carcasses de voitures, tour d’immeuble, obstacles…Un vrai terrain jeu pour les hommes du feu. « Nous sommes régulièrement amenés à faire des manoeuvres de sauvetage et déblaiement, ou d’incendie… ».

Aujourd’hui, à l’image des autres jours, le scénario bien ficelé. « Une personne appelle les pompiers car son passager ne se sent pas bien. Ce dernier a très mal au dos et le conducteur a du s’arrêter sur le bas-côté ».

Les pompiers s’activent. A la manière de musiciens qui jouent leur partition, chacun sait ce qu’il doit faire. « L’objectif est de sortir la victime sans découper l’habitacle ». Calage du véhicule, secours à la personne, désincarcération, dégagement de la victime, balisage du site, sécurisation…

« Il y a la pratique et le terrain, explique Vincent Guesneux, adjudant-chef et chef de garde du centre de secours. En entraînement, on utilise des techniques au cas où des situations se présentent… ». Les durées d’interventions sont variables. « Ici, la victime est conditionnée, prise en charge ».

Après l’exercice, en situation réelle, qui aura duré entre 30 minutes et 45 minutes, le debriefing. « Quels problèmes avez-vous rencontrés ? » Demande le chef de garde. Ramassage, entretien et nettoyage des outils, suite du programme.

 

[VIDEO : 24 heures avec les pompiers]

Intervention à Authon-du-Perche

10 h 30. Les exercices physiques. « C’est la manoeuvre de la garde, souligne le capitaine Pascal Prat, les activités physiques, le cardio training, le renforcement. Le planning est adapté, les séances encadrées ».

Direction le city-stade de Margon. Là-bas, les équipements sportifs nous attendent. Au programme : vélo, tapis… « Le métier est assez physique et demande une bonne condition, m’explique Franck, sergent-chef, professionnel depuis 2003 et au centre de secours depuis 2007. L’entretien pysique est important pour être en capacité d’agir rapidement ».

Mais à peine le temps de s’installer que le bip sonne. Une intervention. « Nous devons aller à Authon-du-Perche, au collège Joachim du Bellay, me lance le chef de garde, Vincent Guesneux. Un jeune aurait reçu un coup de coude et se plaint de douleurs ».

« Malgré le programme des activités, c’est l’intervention qui prime », m’expliquait auparavant le capitaine Pascal Prat. Sans attendre, trois pompiers parmi le groupe courent vers le camion et se dirigent sur le lieu de l’incident. Ils reviendront moins d’une heure après.

 

[VIDEO : 24 heures avec les pompiers]

Comme une mini-entreprise

12 heures. Les sapeurs-pompiers sont comme tout le monde. Ni Dieu, ni super-héros, ils doivent manger. L’occasion de décompresser un peu…Un repas qui peut se terminer à tout moment, si le bip retentit…

14 heures. Nouveau rassemblement. Même combat. « On s’informe sur ce qu’il s’est passé au cours de la matinée et ce qu’il va se passer au cours de l’après midi », confirmait le capitaine Pascal Prat.

L’après-midi, un centre de secours est semblable à une entreprise, chacun des sapeurs rejoint son service. Car, outre le fait d’être pompier et de porter secours à la population, « nous avons tous une spécialité et des responsabilités, complète le capitaine et chef de centre. Mécanique, formation, service générale, manoeuvre, service espaces verts… »

A 17 h 30, une nouvelle série d’activités physiques pour « être toujours au top ». Repas du soir, moment de détente devant la télé ou autour d’une activité quelconque. « Chacun se gère ».

 

*Epaulé par un gradé de jour.

 

Les pompiers en quelques chiffres

– 24 sapeurs-pompiers professionnel à Nogent-le-Rotrou (4 équipes de 6) + 1 chef du centre de secours
– 215 sapeurs-pompiers volontaires pour le groupement
– 276 sapeurs-pompiers professionnels
Rythme de travail
– 24 heures de travail / 24 heures de repos
– 12 heures de travail / 36 heures de repos
– 24 heures de travail / 72 heures de repos
– Plus de 60 sapeurs-pompiers volontaires répartis en 4 équipes
– 60 jeunes sapeurs-pompiers
– Trois centres de secours : La Loupe, Authon-du-Perche et Thiron
– Cinq centres d’intervention : La Bazoche-Gouët, Beaumont-les-Autels, Happonvilliers, Montigny-le-Chartif, Saint-Victor-de-Buthon
– 3 000 : le nombre d’interventions pour le groupement
– 1 800 : le nombre d’interventions pour la caserne de Nogent-le-Rotrou

 

Rythme des interventions

« C’est totalement aléatoire, explique le capitaine Pascal Prat, chef du centre de secours de Nogent-le-Rotrou. Cela depend des périodes de l’année. Nous ne savons jamais vraiment ce qui va se passer. C’est pourquoi il faut être réactif et être capable de s’adapter aux situations et aux interventions qui demandent une polyvalence ».

Source : actu.fr

Commentaires(s)

comments