Détresse fréquemment rencontrée en intervention, comment reconnaître et prendre en charge un traumatisme crânien ?

Le crâne est une boîte inextensible qui contient :

  • Le cerveau (75-85%)
  • Du Liquide Céphalo-Rachidien (10-15%)
  • Du sang (5-10%)

Lorsqu’il subit un choc, des vaisseaux sanguins peuvent éclater et le volume sanguin cérébral va augmenter => hématome ou œdème. Il peut également y avoir un déplacement de structures cérébrales => engagement. Dans les deux cas, cela va alors faire augmenter la pression sur le cerveau et nuire à son fonctionnement : on parle alors de traumatisme crânien.

I. Quelques données épidémiologiques

Bien que ne représentant qu’entre 0,15 et 0,30% des hospitalisations, les traumatismes crâniens sont une pathologie neurologique et représentent la première cause de mortalité chez les 15-25 ans, notamment en raison de l’incidence des Accidents de la Voie Publique chez cette catégorie de la population.

Touchant deux à trois fois plus les hommes que les femmes chez les personnes de moins de 75 ans, 7 à 17% des traumatismes crâniens entraînent la mort de la victime. Cependant, l’incidence annuelle diminue constamment en France.

Trois catégories de la population sont tout particulièrement concernées : les enfants de moins de 5 ans, les adolescents et jeunes adultes entre 15 et 25 ans ainsi que les personnes âgées de plus de 75 ans.

50% des traumatisés crâniens subissent une perte de conscience, associée ou non à une amnésie brève ; 20% des TC auront un trouble de conscience persistant à la suite de leur traumatisme crânien.

En France, en 2007, il y a eu 3 000 consultations en urgence pour 1 000 000 habitants : 300 ont été gardés en surveillance et 30 d’entre eux ont été transférés en centre neurochirurgical.

Enfin, 2 TC graves sur 20 succombent rapidement et 8 évoluent sans séquelles majeures. Chaque année, c’est 3 000 nouveaux invalides majeurs. On estime aujourd’hui que 100 000 personnes présentent une invalidité majeure d’origine cérébrale traumatique.

II. Score de Glasgow et classification d’un traumatisme crânien

Afin d’apprécier l’état de conscience d’une victime, et plus spécialement d’un traumatisé crânien, G. Teasdale et B. Jennet ont créé un outil en 1974 à l’institut de neurologie de Glasgow. C’est ainsi qu’a fait son apparition la Glasgow Coma Scale (ou GCS), appelée couramment échelle de Glasgow ou encore score de Glasgow.

C’est une échelle qui s’évalue sur trois critères :

  • L’ouverture des yeux ;
  • La réponse verbale ;
  • La réponse motrice.

A chacun de ces critères est fixé un coefficient, 1 étant le plus mauvais. Cela permet donc d’obtenir un score compris entre 3 et 15.

Echelle de Glasgow Adulte

Attention : un muet aura toujours 1 à la réponse verbale. Son score maximal sera alors de 11 sans qu’il ne présente de détresse neurologique ! L’échelle de Glasgow est donc à utiliser avec objectivité et ne dispense pas d’une observation attentive.

Que sont décérébration et décortication ?

Décérébration VS Décortication

Il existe une adaptation de l’échelle pour les enfants de moins de 5 ans :

Echelle de Glasgow Pédiatrique

Classification des traumatismes crâniens selon le score de Glasgow :

  • 15 > GCS > 13 = traumatisme crânien léger (50 à 60 %)
  • 12 > GCS > 9 = traumatisme crânien modéré (30 à 40 %)
  • 8 > GCS > 1 = traumatisme crânien grave (20 à 30%)

III. Conduite à tenir

Il existe 2 règles d’or pour la prise en charge secouriste d’une suspicion de traumatisme crânien :

  1. Tout traumatisme crânien est associé à une lésion potentielle du rachis cervical.
  2. Il faut limiter les Agressions Cérébrales Secondaires d’Ordre Systémique (ACSOS). Elles peuvent en effet se révéler fatales pour la victime. Ce sont (pour info) : l’hypo- ou l’hypertension artérielle, l’hypoxémie, l’hypo- ou l’hypercapnie, l’anémie, l’hyperthermie et l’hyperglycémie.

Voici donc les actions à ne pas manquer, en plus bien évidemment d’un bilan correctement et complétement développé et approfondi, classées par ordre de priorité :

  • Prendre en charge en premier abord toute hémorragie et/ou obstruction des voies aériennes.
  • Assurer un maintien de l’axe tête-cou-tronc avant de mettre en place un collier cervical rigide. Puis parfaire l’immobilisation à l’aide d’un plan dur et de ses sangles ou alors d’un matelas immobilisateur à dépression.
  • Mettre en place une oxygénothérapie en inhalation si SpO2 < 94%.
  • Transmettre après l’avoir mesurée la pression artérielle de la victime afin de recevoir des indications sur la conduite à tenir si PAS < 90 mmHg.
  • Transmettre après l’avoir mesurée la glycémie capillaire de la victime.
  • Surveiller la température de la victime et la dévêtir si possible.
  • Prendre en charge psychologiquement la victime avec son stress.

C’est ainsi la clarté et la précision des informations recueillies qui permettront une régulation efficiente, gage de sécurité et de survie pour la victime d’un traumatisme crânien !

Enfin, il ne faut pas avoir peur de se référer au SAMU au moindre doute et de réaliser un bilan circonstanciel avec curiosité, car il est facile de passer à côté d’un traumatisme crânien : les signes observables sont effectivement parfois si proches d’une ivresse, d’une agitation ou d’un simple malaise …

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