Relais du communiqué officiel de la FNSPF : 
Le nouveau drame du 4 septembre met en lumière une dure réalité. Il n’y a pas de petite ou de grande intervention, chacune d’entre elle est particulière. L’explosion du nombre de sollicitations fait des sapeurs-pompiers les premiers acteurs du secours d’urgence aux personnes (84% de nos interventions) et le service public ultime compensant les absences de biens d’autres, les forçant à s’adapter à toutes sortes de circonstances. Ceci amène la multiplication des situations difficiles, voire violentes : incivilités, insultes, dégradations de matériels, agressions physiques…font désormais malheureusement quasiment partie du quotidien. Ainsi, les déclarations d’agression ont progressé de près de 18% en 2016, touchant 2280 sapeurs-pompiers (source ONDRP).

La Fédération nationale des sapeurs-pompiers porte trois principales revendications via son communiqué :

  • Optimiser le traitement de l’alerte, la détection et la prise en compte des risques de violence, par la mise en place de plateformes communes unique de traitement des appels, avec des équipes spécifiquement formées, et le numéro unique européen d’urgence 112 – en effet, la dispersion actuelle des numéros et des plateformes complexifie le traitement des appels, générant transferts, perte de temps et perte potentielle de précieuses informations ;
  • Systématiser l’accompagnement des équipes sapeurs-pompiers par les forces de l’ordre pour certains types d’intervention ou lorsqu’un risque est pressenti lors de la réception de l’alerte ;
  • Former davantage les sapeurs-pompiers à faire face aux situations violentes : s’ils sont parfaitement formés aux techniques d’intervention pour le secours d’urgence aux personnes, dans toutes sortes de milieux, les sapeurs-pompiers ont besoin désormais d’une meilleure formation à la détection, l’appréhension et la réaction face aux situations de conflit et de violence, pour leur propre sécurité comme pour celle des autres.

Le Président de la CNIS n’est quant à lui pas favorable à une présence policière sur les missions à risque :

« Je ne crois pas que l’accompagnement des pompiers sur le terrain par les forces de l’ordre soit la bonne solution. On ne pourra jamais malheureusement empêcher les gestes les plus fous » estime Olivier Richefou quelques heures après le terrible drame qui endeuille les sapeurs-pompiers.

Caméras-piétons et recrutement de jeunes volontaires dans les quartiers :

L’élu mayennais, président de la Conférence Nationale des Services de Secours et d’Incendie, plaide pour deux autres solutions afin d’améliorer la sécurité des pompiers lors de leurs missions.

D’abord, l’utilisation, à titre expérimental, de caméras-piétons (comme la police), un dispositif qui pourrait s’avérer dissuasif. Ensuite, dans le cadre du plan volontariat, recruter des jeunes dans les quartiers difficiles, il y en a très peu actuellement.

Monsieur Olivier RICHEFOU, a été élu le 29 septembre 2015, Président de la Conférence Nationale des Services d’Incendie et de Secours (CNIS). Cette  instance nationale, créée par la loi de modernisation de la sécurité civile du 13 août 2004 est consultée sur les projets de loi ou d’acte réglementaire relatifs aux missions, à l’organisation, au fonctionnement ou au financement des services d’incendie et de secours.


La fédération propose également quatre chantiers prioritaires pour lutter contre les agressions de sapeurs-pompiers :

Pour rappel, en novembre dernier à l’occasion de la publication du Rapport annuel de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, la Fédération dénonçait déjà fermement dans un communiqué de presse ces violences et appelait les pouvoirs publics à définir des mesures concrètes pour protéger ceux qui nous protègent via notamment quatre chantiers prioritaires :

  • L’anonymat doit être garanti aux sapeurs-pompiers qui portent plainte après une agression, afin de les prémunir, ainsi que leurs familles, contre toute forme de représailles.
  • Prévenir les violences en renforçant le lien de proximité avec la population. C’est avant tout informer sur le rôle et les missions des sapeurs-pompiers. C’est également former : inciter la population, notamment les jeunes, à s’engager, leur insuffler une culture de sécurité. Pour rappel la FNSPF préconise de former 80% de la population aux gestes qui sauvent.
  • Renforcer la coordination des secours et des forces de sécurité au niveau de la formation comme en intervention, dans un même esprit de sécurité quotidienne et de proximité.
  • Renforcer les sanctions et surtout garantir leur application.

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