Une action pacifique

« Les gens sont venus pour rencontrer les élus, relève Yann Hillion, de la CGT, mais on doit rester à l’extérieur. On nous a dit que si l’on manifestait en tenue, que l’on entrait dans l’enceinte du SDIS ou que l’on distribuait des tracts, il y aurait des sanctions. » Une note de la direction a, en effet, été diffusée, rappelant les règles en vigueur, ainsi que l’interdiction de franchir l’entrée, pour des raisons de « sécurité », alors que des « travaux de réhabilitation lourde sont en cours » .

Ces consignes n’ont pas empêché les SP de dire leur « ras-le-bol » devant les grilles. « Depuis quelque temps, le climat est délétère, assure Frank Raverdy, du syndicat SNSPP-PATS. Il y a eu un CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) extraordinaire le 1er octobre. On n’est pas là pour noircir le tableau, mais on est dans notre rôle de représentants du personnel. On ne se retrouve plus dans le fonctionnement actuel du SDIS. »

Le grief principal, c’est celui du manque d’effectifs. « À Lorient, l’effectif théorique est de 75 SP. Pendant 67 jours, il n’a pas été tenu ! En sous-effectif, la charge de travail se reporte sur plus de personnes et l’on a une recrudescence d’arrêts de travail. »

Un secteur de plus en plus étendu

À Auray, l’activité a progressé de 10 % en cinq ans, mais l’effectif est resté le même. À Vannes, l’on comptabilise, à ce jour, 700 interventions de plus que l’an dernier. « Les personnels sont amenés à intervenir de plus en plus loin. Le 21 septembre, par manque de personnel, Vannes s’est retrouvé premier départ  sur une fuite de gaz… à Saint-Jean-Brévelay (environ 25 km) ! La même journée, on a été déclenché à Sérent (environ 35 km). Qu’est-ce qu’il reste quand ça brûle à Vannes ? », interroge Yann Hillion.

Ces interventions, sur des secteurs de plus en plus éloignés, se retrouvent ailleurs. « Pour Locmariaquer ou Saint-Philibert, c’est Carnac qui intervient en premier. Auray est pourtant plus proche et permet d’arriver cinq minutes plus tôt. Cinq minutes qui peuvent s’avérer vitales », souligne Patrick Joubert (SNSPP-PATS). Ploërmel est « obligé de couvrir les centres de secours de Malestroit et Campénéac ».

Les trois syndicats demandent « plus d’effectifs » et une « répartition plus adéquate des personnels ».

Une soixantaine de SPP ont manifesté, ce vendredi 12 octobre, devant l’entrée du SDIS 56.

« Un dialogue permanent avec les syndicats »

« Lorsque j’ai pris la présidence du SDIS, les syndicats disaient qu’il manquait 40 postes, indique Gilles Dufeigneux.  J’ai lancé un plan opérationnel journalier et, à l’époque, les effectifs correspondaient plutôt bien aux besoins. Mais, depuis, le nombre d’opérations continue de croître. À Ploërmel, il manque des postes et nous allons recruter trois SP. À Carnac, nous menons une étude dont les résultats sont attendus dans l’année. Avec une augmentation de 4 % à 5 % des opérations, il n’est pas illogique d’avoir des besoins supplémentaires, mais l’on souhaite mener des études à chaque fois. »

Et le président du SDIS de conclure : « Il y a un dialogue permanent avec les syndicats. Je les reçois tous les trois mois. Il y a des élections syndicales en fin d’année, ce qui peut expliquer ce mouvement. »

Un nouveau système de financement pour le SDIS

Lors de sa réunion de jeudi, le CA du SDIS a voté une réforme « ambitieuse et équilibrée » de la répartition des contributions des communes et des établissements publics de coopération intercommunale au SDIS du Morbihan, indique sa direction dans un communiqué. Cette contribution, d’un montant de 22,9 millions d’euros, correspond à près de 50 % des recettes inscrites au budget du SDIS ; le conseil départemental en étant le premier contributeur avec 23,6 millions d’euros.

Elle est « le résultat d’une étude menée depuis 18 mois en lien avec les collectivités locales concernées et de prendre en compte les mutations démographiques et territoriales du Morbihan ».

Le nouveau modèle de répartition proposé « se veut plus juste et plus équilibré entre tous les contributeurs au budget du SDIS ». Il intègre des critères objectifs : la population (dotation globale de financement) et le potentiel financier qui permettent de mesurer la capacité contributive réelle des collectivités ainsi que le niveau de service offert à la population (au travers du nombre d’interventions et du délai d’intervention). De plus, le modèle tient compte, comme le préconise la loi, de la situation particulière des communes rurales.

Pour le président du CA du SDIS, le conseiller départemental Gilles Dufeigneux, « ce vote marque la confiance des collectivités locales morbihannaises envers le SDIS, avec le souci de conforter la qualité des secours, tout en maîtrisant les dépenses budgétaires ».

Avec plus de 40 000 interventions par an, le SDIS 56 dispose d’un maillage territorial de proximité par l’intermédiaire de ses 65 CIS. Pour mémoire, les contributions versées par les communes et intercommunalités au fonctionnement du SDIS sont de l’ordre de 27,80 € par habitant, soit une moyenne légèrement inférieure à la moyenne nationale (30 € par habitant).

Source de l’article : ouest-france

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