Alors que vient de sortir sur les écrans le film “Sauver ou périr” sur l’accident d’un pompier incarné par le comédien Pierre Niney, notre feuilleton propose de suivre le quotidien de vrais pompiers, ceux du SDIS 14 (Calvados).

Les pompiers font entendre leur voix en France ces jours-ci, nombreuses sont les questions qui se posent dans la profession : réforme des statuts, cas multiples d’agressions – parfois mortelles comme en septembre dernier -,  malaise qui en découle.

Mais en dépit de tout cela, leur motivation reste inchangée, porter secours est ancré chez tous ceux que nos équipes ont rencontrés, dans le Calvados, pendant quelques jours et quelques nuits.
Focus sur quelques-un de ces 2 200 SPV et SPP du département, qui veillent sur la population.

Stéphanie Lemaire, Carole Lefrançois, Clotilde Moschetti et Karine Lepainteur signent le feuilleton de cette semaine.

Pompier : un métier qui reflète les évolutions de notre société

 

Les services de secours d’urgence du Calvados comptent 400 SPP et 1800 SPV. Certains se sont engagés pour 10 ans, d’autres, pour une vie.
Le matériel a beaucoup évolué, il est aujourd’hui moins lourd et plus ergonomique. Les risques pris sur le terrain ont beaucoup changé eux aussi car les matériaux et les maisons ne sont plus composés ni construits comme avant et réagissent différemment au feu. La complexité des interventions à aussi changé : les soldats du quotidien doivent affronter des accidents chimiques ou dûs au gaz plus variés et dangereux qu’auparavant.

Côté statistiques, on recense 500 appels par jour au CTA dont 84% sont dirigés vers les services de secours à la personne. Les incendies représentent maintenant moins de 10% des sorties.

 

Intervenants :
– Jean-Denis Hallais, SP – risques industriels
– Laurent Girard, SP depuis 29 ans
– Gilles Padieu, Chef de salle SDIS 14

Là, il a sorti une arme et il l’a braquée. Depuis ce jour-là je n’aborde plus les interventions de la même façon.

Les maux et les remèdes de la profession

Le secours à la personne représente 84% des interventions et il arrive malheureusement que ces interventions tournent mal : les pompiers se font parfois agresser.
Dans le Calvados, cela a été le cas récemment pour 3 pompiers en trois jours. Alcool aidant, les insultes ne sont pas rares, mais ce qui inquiète les pompiers, c’est l’augmentation des agressions physiques et des agressions verbales caractérisées et violentes. Une des explications : l’impatience des victimes et de leurs proches, surtout lorsqu’un hôpital d’accueil est difficile à trouver.

Le SDIS du Calvados porte plainte en moyenne tous les 15 jours. Une fréquence assez faible comparativement à des départements sujets aux violences urbaines. Une cellule psychologique vient d’être mise en place dans le Calvados.

 

Intervenants :
– Laurent Godefroy, SP
– Romain Pasqualotti, Chef de centre
– Mickaël, SP
– Jean-Denis Hallais, SP

 

Le cruel manque de SPV

Les SPV peuvent être appelés à tout moment pendant leurs astreintes. Qu’ils soient au travail, en plein repas de famille ou dans leur bain, dès qu’ils sont bipés, ils doivent immédiatement rejoindre leur caserne. Les astreintes, payées quelques euros l’heure, reviennent une semaine sur deux, nuit et jour et un week-end par mois.

Les SPV ne sont pas suffisamment nombreux pour renforcer les équipes de SPP, alors le SDIS se tourne vers les entreprises pour convaincre de l’intérêt d’avoir des SPV parmi leur personnel : avantages fiscaux, salariés formés au secourisme, et avantage pour les salariés : une formation faite sur le temps de travail. Dix pour cent des entreprises du département ont signé une convention avec le SDIS, un nombre jugé insuffisant.

 

Intervenants :
– Natacha Legendre, SPV à Condé-en-Normandie
– Valérie Desquesne, Maire de Condé-en-Normandie
– Ambrélise, SPV
– Maxence, SPV
– Stéphanie Desmoulins, Responsable RH chez Cotral

 

Comment devenir pompier, malgré tout ?

Il faut quatre mois pour former un pompier. Au centre de formation près de Vire, les exercices permettent de se mettre en conditions quasi-réelles mais ce n’est pas ce que l’on apprend en premier. La formation commence par le secours aux personnes, majorité des sorties. Quant à la formation pour faire face aux agressions, les cours sont… en cours d’élaboration.
La formation est là pour faire une certaine sélection parmi les candidats au volontariat. Les capacités mentales sont tout autant nécessaires que les capacités physiques, mais, en quelles proportions ? C’est une question polémique, surtout à l’heure actuelle où la pénurie de SPV se fait sentir.

La formation permet aussi aux pompiers de s’entraîner avec des collègues spécialisés comme le GRIMP, car les pompiers peuvent être confrontés à tous moments à des conditions de sauvetage extrêmement complexes et dangereuses.

 

Intervenants :
– Frédéric Gilles, Chef du service de formation SDIS 14
– Frédéric Gilles, Chef du service de formation SDIS 14
– Laurent Girard, SP à Ifs
– Raphaël Vaudorne, Coordonnateur de l’exercice – GRIMP
– Emmanuel Couillard, COS
– Angélique, SPV

Source de l’article : france3-regions.francetvinfo

 

Commentaires(s)

comments