Dimanche, alors qu’il faisait du porte-à-porte à Anzin-Saint-Aubin pour vendre des calendriers, un pompier d’Arras a probablement sauvé une famille de l’intoxication.

« Il faisait mauvais, il pleuvait, je me disais de faire encore une maison ou deux pour vendre les calendriers. J’ai bien fait, comme quoi le hasard fait bien les choses… ». Le sergent-chef Jérôme Bocquery est modeste. SP au CIS Arras depuis 2014, l’homme, âgé de 37 ans, a probablement sauvé une famille de la mort, dimanche.

Il était un peu plus de 13 heures, dimanche, rue Henri-Cadot, à Anzin-Saint-Aubin, quand Jérôme Bocquery s’apprête à terminer sa tournée. Comme chaque année, à l’instar de ses collègues, il fait du porte-à-porte pour vendre les calendriers du CIS Arras. Il tape au numéro 5. « Une dame enceinte m’ouvre, j’entre et je sens tout de suite une odeur de fioul et je vois comme un voile de fumée au plafond, raconte-t-il. Elle me dit que ça fait trois quarts d’heure que ça sent. » Les relents olfactifs, cela arrive quand on a une chaudière au fioul.

Une évacuation

Sauf que dans l’esprit professionnel de Jérôme Bocquery, formé à ces circonstances, cela fait « tilt ». D’expérience, odeurs de fioul et fumée signifient évacuations. Il demande à toute la famille d’enfiler un blouson et de sortir immédiatement. Il y a madame, enceinte de huit mois, monsieur, et leurs deux enfants en bas âge. Le CTA est aussitôt alerté et plusieurs fourgons envoyés sur place. Il était temps…

« C’était complètement enfumé, on n’y voyait rien »

« Quand j’ai ouvert la porte qui menait à la cave, où se trouvait la chaudière au fioul, c’était complètement enfumé, on n’y voyait rien », relate le pompier. Les appareils de mesure s’affolent. Dans la maison, on compte 40 ppm, et même 70 ppm dans la cave. Une concentration potentiellement dangereuse si l’exposition se prolonge.

Le père de famille avait d’ailleurs 1 % de CO dans le sang et a été transporté à l’hôpital d’Arras. Les deux enfants 2 % de CO dans les veines. Ils ont d’ailleurs été transportés au CHRU de Lille en caisson hyperbare par précaution, de même que leur mère enceinte en raison des risques pour le bébé à venir.

Pour l’anecdote, Jérôme Bocquery voulait leur offrir le calendrier. Mais le père de famille, alors pris en charge dans le VSAV, a insisté et lui a tendu un billet de 10 €. Nul doute que l’année prochaine, les pompiers seront très bien reçus lors de la tournée des calendriers.

Attention aussi au monoxyde de carbone, ce tueur silencieux

Dans son malheur, la famille anzinoise intoxiquée a dû son salut au fait que l’intoxication était décelable. Il y avait un léger voile au plafond et une odeur de fioul. Mais chaque année, en France, une centaine de personnes n’ont pas cette chance… car le « tueur silencieux » rôde. Particulièrement en ce moment.

On parle ici du monoxyde de carbone. Un gaz incolore, inodore et sans saveur, il est impossible à détecter, à part si votre domicile est équipé d’un détecteur spécifique. Ce gaz est formé le plus souvent lors de la combustion incomplète de toutes les variétés de carbone et de produits riches en carbone (bois, charbon, gaz, fioul, pétrole lampant…).

Dans la région des Hauts-de-France, les cas se multiplient ces derniers jours avec l’offensive de l’hiver. Cette région est l’une des plus touchées par les intoxications domestiques au monoxyde de carbone.

Source de l’article : lavoixdunord

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