Le feu a pris vers 2h40 du matin ce jeudi dans un immeuble ancien de quatre étages au 73 rue Bayard, faisant 22 blessés, dont un grave. Treize ont été hospitalisées. Le plan NOVI a été déclenché. En fin de matinée, le feu était maîtrisé.

Un incendie s’est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi dans un immeuble au 73 bis de la rue Bayard dans le quartier de la gare Matabiau à Toulouse. Il y a un blessé grave, qui se serait jeté par la fenêtre du 4e étage, selon des témoignages recueillis sur place par France Bleu Occitanie, son état n’inspire d’inquiétude. Selon le bilan encore provisoire communiqué par la préfecture en fin de matinée, il y a également 21 blessés légers, dont deux pompiers, l’un sera opéré de la main dans l’après-midi. Treize personnes en tout ont été hospitalisées. L’alerte a été donnée à 2h40. Il s’agit d’un petit immeuble de quatre étages, mitoyen de l’ancien hôtel Régina, un immeuble du début des années 1900.

Vers midi, les moyens aériens sont toujours utiliser pour évaluer la stabilité du bâtiment et surveiller. Ici la grande échelle, depuis le boulevard Bonrepos perpendiculaire à l’immeuble sinistré. © Radio France – Bénédicte Dupont

Un bâtiment anéanti dans la cour intérieure

En fin de matinée, l’incendie était maîtrisé mais les étages se sont effondrés dans un bâtiment plus en arrière dans la cour, après de nombreuses heures de lutte contre le feu. Le parquet a recensé 76 logements dans cette copropriété.

210 personnels de secours ont été mobilisés pendant l’intervention, une cinquantaine de véhicules dont 150 pompiers des casernes Vion, Lougnon, Buchens-Ramonville et Colomiers. À la mi-journée, il en restait 80. Le colonel Landrieau, COS de l’intervention, explique que les difficultés sont nombreuses : “d’énormes difficultés pour accéder”, une “surface importante”, et d’anciens planchers en bois où peuvent se former des “niches”. L’accès s’est notamment fait par les fenêtres, via des nacelles, par les toitures, aidés par un drone commandé depuis la rue, qui a permis de visualiser les principaux foyers.

72 personnes impliquées

Le plan NOVI a été déclenché car l’ilôt concerne 76 appartements. 72 personnes sont impliquées dans cet incendie, a confirmé ce jeudi matin le préfet de la région Occitanie, sur place. Elles ont été déplacées dans le complexe sportif Léo Lagrange, proche du quartier de la gare. Le quartier est bouclé ce jeudi matin. Les habitants de cet immeuble, des familles avec leurs enfants, ont d’abord été rapidement évacués dans une salle de l’hôtel Ibis juste à côté. L’hôtel Bristol mitoyen a été évacué par précaution, leurs résidents devraient pouvoir le regagner en fin de journée.  Dans la journée, la plupart sont parties du gymnase, pour trouver refuge chez des proches. Pour celles sans solution, la mairie accompagne les propriétaires chargés de reloger leurs locataire : trois personnes âgées doivent dormir cette nuit dans un Ehpad, les quelques familles avec enfants auront une chambre à l’hôtel. La mairie ouvrira ce jeudi soir le gymnase Toulouse-Lautrec aux Minimes pour les dernières personnes seules sans solution.

900 euros pour “un appartement farci de blattes”

Un habitant de l’immeuble, amer, décrit des conditions assez précaires d’habitat : “Les flammes lèchent notre toit. Les étincelles vrillent dans le ciel. Moi je paye 900 € pour un quatre pièces la dedans, un appartement farci de blattes, à l’électricité défectueuse, c’est vraiment la cour des miracles.” 

L’immeuble ne serait toutefois pas “insalubre”, selon Etienne Guyot, le préfet d’Occitanie, qui s’est rendu sur place. Aucune procédure n’a été engagée concernant un éventuel danger pour la santé des occupants. Information confirmée par Jean-Baptiste de Scoraille, de la mairie de Toulouse, qui précise toutefois qu’il y a déjà eu un incendie dans cet immeuble il y a quelques années, un ancien hôtel transformé en habitations, et qu’à l’époque, la mairie avait demandé des “régularisations”, ce qui avait été fait. La mairie assure qu’elle va fournir nourritures et couvertures aux sinistrés avant de leur trouver un relogement.

L’enquête ne fait que commencer, elle a été confiée à la brigade de répression des atteintes aux biens, à la sûreté départementale. Seuls des témoins et certains propriétaires ont pu être auditionnés. La police technique et scientifique va devoir attendre que le site soit sécurisé pour réaliser les premières constatations. 

Source de l’article : francebleu

Commentaires(s)

comments