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Il est environ minuit et demi lorsque les SP sont appelés sur place, tout près du boulevard Exelmans. Il y a « du feu partout », relatent les témoins. Des flammes jaillissent de toutes les fenêtres. En particulier aux septième et huitième étages, là d’où l’incendie pourrait être parti. L’immeuble sur cour s’est transformé en brasier à une vitesse prodigieuse. Les habitants tentent de fuir. Ils crient au secours. Certains se juchent sur le rebord des fenêtres, avec 20 mètres de vide au-dessous d’eux. Une dizaine d’autres se réfugient sur le toit, au-dessus du huitième étage.

Après plus de cinq heures d’intervention, les pompiers ont finalement réussi, peu après 6 heures du matin, à maîtriser le feu qui a ravagé un immeuble du 16e arrondissement de Paris situé rue Erlanger. AFP PHOTO / BSPP

Les quelque 200 SP mobilisés, eux, ont de grandes difficultés à accéder aux lieux. « Il faut traverser l’immeuble sur la rue, et on arrive sur une courette desservant le bâtiment qui s’est embrasé, explique le capitaine Clément Cognon, COS de l’intervention. C’est pourquoi nous n’avons pas pu déployer nos échelles automotrices, les échelles automatiques, les véhicules. » A la place, les SP doivent prendre les échelles à main, traverser le premier immeuble, passer dans le corridor, et, une fois dans la cour, utiliser leurs équipements. Objectif : éteindre le feu, et sauver les personnes menacées.

Cinq heures d’intervention

Les pompiers commencent alors l’ascension de la façade, et parviennent à mettre hors de danger une cinquantaine de personnes qui étaient sur le toit, les corniches et les bords de fenêtres. Certaines descendent par les échelles, d’autres en rappel, accrochées à une corde.

Deux immeubles adjacents sont évacués, par mesure de sécurité. Une soixantaine de personnes se retrouvent ainsi à la rue. Une vingtaine d’entre elles sont abritées dans la mairie du 16e arrondissement, où sont installés des lits de fortune. Les autres trouvent refuge chez des voisins, des amis.

Selon un bilan encore provisoire, neuf personnes sont mortes et trente-sept personnes ont été blessées, dont six pompiers. AFP PHOTO / BSPP

Le feu a été maîtrisé peu après 6h du matin, et le bilan (provisoire) est lourd : dix personnes sont mortes (selon un bilan actualisé peu avant 8h), une autre grièvement blessée. « Au total, une cinquantaine de personnes ont été évacuées » dans des bâtiments de la rue Erlanger, selon le capitaine Clément Cognon, COS de l’intevervention.

Le bâtiment directement touché par l’incendie datait des années 70 et comptait huit étages : certains habitants ont été obligés de se réfugier sur le toit pour échapper aux flammes, de nombreux autres appelaient au secours depuis leurs fenêtres.

« Une scène d’une incroyable violence », racontent des SP. D’autant que le bilan, déjà lourd, pourrait encore s’aggraver : « les opérations de reconnaissance n’ont pas encore eu lieu dans les derniers étages de l’immeuble, là où le feu était le plus violent », explique Clément Cognon.

Les SP blessés souffrent pour certains de brûlures, un autre a eu la main écrasée lors d’opérations de sauvetage.

La thèse criminelle privilégiée

On en sait également un peu plus sur l’origine du drame : selon le procureur de la République de Paris, une femme a été placée en garde à vue. Il s’agit d’une habitante du bâtiment, et elle pourrait avoir provoqué l’incendie volontairement. Le procureur évoque « une femme de 40 ans qui présentait des antécédents psychiatriques ». Une enquête a été ouverte pour « incendie volontaire ayant entraîné la mort et des blessures ».

Le Conseil de Paris prévu ce mardi commencera par une minute de silence en mémoire des victimes de l’incendie.

 

Interview du COS Clément Cognon par les Franceinfo:

Comment expliquer que le bilan soit aussi lourd ?

Clément Cognon : Tout d’abord l’horaire. C’est une heure où les gens dorment. Ils ont été surpris par un incendie extrêmement violent. La configuration des lieux est compliquée, dans la mesure où l’immeuble qui est touché par le sinistre ne donne pas directement sur la voie publique. Il faut d’abord traverser un immeuble sur la voie publique, passer en dessous par un corridor, pour enfin arriver dans une cour où se situe l’immeuble qui était en flammes. C’est comme ça que nos collègues lorsqu’ils arrivent se rendent dans la cour avec des échelles pour partir à l’ascension de l’immeuble embrasé et procéder au sauvetage.

 

Dans quelles conditions ont travaillé les SP qui sont intervenus ?

Mes collègues ont travaillé dans des conditions toutes particulières, d’une part la configuration des lieux, d’autre part le nombre important de personnes qui se manifestaient et qu’il fallait secourir en urgence et d’autre part le fait qu’on ne puisse pas mettre d’échelles mécaniques. Il a fallu travailler avec des échelles à main, qu’on a prolongées avec des échelles à crochets, qui permettent de faire l’ascension de la façade, à la force des bras, en traction, pour aller d’étage en étage chercher des gens.

 

Est-ce normal, dans ce type d’incendie, qu’un immeuble prenne feu aussi rapidement ?

On ne peut pas parler de normalité considérant la violence de l’incendie, après je ne peux pas vous en dire beaucoup plus. Ce qui est vrai, c’est que dans les immeubles d’habitation, il y a beaucoup de potentiel calorifique avec des matériaux, l’ensemble des canapés, des télés. Le deuxième facteur, ce sont les portes qui peuvent être éventuellement laissées ouvertes et qui vont permettre la propagation de l’incendie.

Source de l’article : franceinter ; francetvinfo ; lemonde

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