Le feu est parti accidentellement au deuxième étage d’un immeuble qui en compte quatorze.

« Son petit-fils a essayé de le sauver en jetant de l’eau sur les flammes. En vain. L’appartement était en feu. Le jeune a dû laisser son grand-père… Alors il est allé réveiller les voisins, leur hurlant de sortir de chez eux. Il a sans doute sauvé beaucoup de gens. »

Un sapeur-pompier entre la vie et la mort

Une personne âgée est décédée et deux sapeurs-pompiers sont grièvement blessés. L’un des soldats du feu est toujours entre la vie et la mort, ce jeudi soir.

Les causes du drame seraient accidentelles. Le feu a pris vers 6h50 du matin au deuxième étage, dans un appartement habité par un homme âgé « entre 70 et 90 ans » et son petit-fils, selon une source proche du dossier.

Une cigarette mal éteinte pourrait avoir déclenché le sinistre.

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner devant les tenues des deux pompiers blessés.

« Il était sept heures du matin quand j’ai entendu tambouriner à ma porte. J’ai entendu que c’était Leeroy, mon voisin, un ami qui habite avec son grand-père. J’ai ouvert et immédiatement senti une vague de chaleur, puis de la fumée entrer chez moi », raconte encore David.

«On voulait réveiller un maximum de gens »

A cet instant, il se précipite pour réveiller son frère. Tous deux se ruent ensuite sur les portes d’appartements voisins : « On voulait réveiller un maximum de gens avant l’arrivée de pompiers », assure David.

140 soldats du feu ont été mobilisés pour éteindre l’incendie et évacuer les habitants. Parmi eux, Dimitri et Quentin, 20 et 21 ans, affectés à la caserne d’Aulnay-sous-Bois – située juste en face de l’immeuble sinistré.

« L’un a été brûlé aux avant-bras au deuxième degré. Le second a été touché plus gravement. Son pronostic vital est engagé. Ils ont été héliportés à l’hôpital de Percy-Clamart (Hauts-de-Seine), spécialisé dans les grands brûlés », relate une source proche des secours.

La victime était «médicalisée »

« C’est en tentant de faire sortir la personne de l’appartement qui a pris feu, mais finalement décédée, qu’ils ont eux-mêmes été blessés », précise un porte-parole des pompiers.

La victime était « médicalisée », indique une source proche de l’enquête. « Dans le quartier, on voyait ce monsieur âgé se déplacer en béquilles, difficilement. Son petit-fils Leeroy s’occupait de lui », explique un habitant de leur immeuble.

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Osee (à gauche) connaît le petit-fils de la victime.

Soixante-dix personnes ont été évacuées de cette tour, avant d’être installés dans le gymnase Ambourget tout proche, mis à disposition par la municipalité.

Copropriété « fragile »

Situé dans le quartier Savigny, le bâtiment de 90 logements touché par cet incendie n’est pas considéré comme « insalubre », a rappelé Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, qui s’est rendu sur place ce jeudi matin.

Mais cette copropriété est jugée, selon des études datant de 2004, « fragile » voire « déjà dégradée ». En 2010, un plan de sauvegarde avait été décidé pour lancer des travaux d’urgence – ascenseurs, réfection des toits.

Plus récemment, un diagnostic sur l’état de l’immeuble a été commandé » et devrait bientôt aboutir pour – si les copropriétaires le choisissent, mettre en place un meilleur dispositif d’accompagnement.

Série noire en Saine-Saint-Denis

Ces derniers mois, la Seine-Saint-Denis a été touchée par plusieurs incendies violents, dont certains mortels.

Le 6 février, incendie dans un squat à Noisy-le-Grand. Le site était habité par une vingtaine de personnes de la communauté Rom qui ont pu s’échapper à temps. Deux bonbonnes de gaz stockées dans le bâtiment pourraient être à l’origine du feu.

Le 25 janvier, à Dugny, une personne est morte dans l’incendie de son appartement, avenue Louis-Larivière, dans une résidence des années 1940. Cinq autres personnes ont été blessées, dont un homme qui a sauté de son balcon au 3e étage afin d’échapper aux fumées.

Le 29 décembre, à Bobigny, quatre personnes sont décédées dans l’incendie d’un immeuble de la cité Paul-Eluard. Une ampoule tombée sur un matelas a déclenché le sinistre qui a coûté la vie à une femme de 42 ans, ses filles de 3 et 7 ans. Une jeune femme de 25 ans, qui rendait visite à ses parents, a succombé à ses blessures le lendemain matin.

Le 26 juillet 2018, une mère enceinte et ses trois enfants ont péri dans le violent incendie qui a touché une tour de la rue Hermet. Pris au piège dans leur logement au 17e étage, la maman de 33 ans et ses enfants de 6 ans, 4 ans et 18 mois ont été les victimes d’un feu accidentel provoqué par… un petit garçon de 10 ans qui jouait dans un appartement de l’étage inférieur avec un briquet et un torchon.

SOURCE : LeParisien

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