Dans une vidéo publiée début mai sur Youtube, le SDIS 45 (Loiret) précise quelques règles de conduite à tenir afin de faciliter l’acheminement des moyens de secours. Vous trouverez cette vidéo en fin d’article. Cet article constitue un rappel sur la réglementation des engins de secours.

Ce que prévoit la loi

L’article R415-12 du Code de la Route prévoit :

“En toutes circonstances, tout conducteur est tenu de céder le passage aux véhicules d’intérêt général prioritaires annonçant leur approche par l’emploi des avertisseurs spéciaux prévus pour leur catégorie.”

Le législateur entend par avertisseurs spéciaux le gyrophare bleu et l’usage d’une sirène deux-tons.

Les véhicules d’intérêt général prioritaires sont :

  • SMUR, ambulances privées
  • Sapeurs-pompiers
  • Police (nationale et municipale), gendarmerie, douanes
  • Transport de détenu
  • Tout véhicule escorté par les forces de l’ordre

Ainsi, le refus de priorité est sanctionné par une contravention de 4ème catégorie soit 135€ d’amende et un retrait de 4 points sur son permis de conduire.

Attention, il ne faut pas les confondre avec les véhicules d’intérêt général bénéficiant de facilités de passage qui sont :

  • EDF-GDF
  • les transports de fonds de la banque de France
  • les véhicules de salage
  • les véhicules de la protection civile, et autres associations médicales (croix-rouge, ordre de malte…)
  • les VPSP (véhicules de premiers secours à personne) en mission SAMU et SP
  • les transports de sang et d’organes

Ces véhicules sont dotées d’un gyrophare et d’une sirène trois-tons. Aucune réglementation ne prévoit aucune obligation de céder le passage à ces véhicules bien qu’il s’agit d’un bon sens évident.

Toute fois, la conduite des engins de secours ne doit pas mettre en danger les autres usagers de la route. Le cas échéant, c’est le conducteur de l’engin qui devra rendre compte des circonstances de l’accident devant la justice. Ainsi, il est généralement préférable de préparer son itinéraire en amont du départ plutôt que de rouler à toute vitesse sans connaitre l’adresse exacte de l’intervention.

Comportements préconisés

Face aux refus de priorités grandissants de la part des automobilistes, le SDIS du Loiret a publié cette vidéo qui précise les comportements à adopter. En effet, nombreuses sont les situations où les usagers de la route paniquent face à l’approche d’un véhicule de secours. De plus, cette panique est renforcée par les impressionnants gabarits de certains véhicules lourds (FPT/SR, MEA). Mais également, l’augmentation du nombre des interventions (+12% sur 2005-2015) qui renforcent la présence des véhicules de secours sur les routes. Par conséquent, l’usage des avertisseurs sonores et/ou visuels est de plus en plus banalisé.

Tout au long de la courte vidéo (1’27), on retrouve les règles suivantes :

  • Ne pas freiner brusquement si le véhicule de secours ne peut pas doubler.
  • Dans un embouteillage, laisser le véhicule de secours remonter la file en s’écartant vers l’extérieur de la chaussée.
  • Dans un carrefour, s’arrêter pour laisser traverser le véhicule.
  • Se garer correctement pour ne pas encombrer les voiries, les accès secours.

De même, faciliter le passage des véhicules de secours c’est avant tout réduire le temps de trajet jusqu’au lieu de l’intervention. En France, le délai entre l’appel et l’arrivée des secours est en moyenne de 13 minutes. Ainsi, il faut environ 2 minutes pour traiter de l’alerte auxquelles s’ajoutent 11 minutes avant l’arrivée des premiers véhicules sur place.

Pour rappel, dans une lettre d’engagement rédigée en 2013, le président de la République prévoit un délai maximum pour l’accès aux soins d’urgence de 30 minutes.

En se rendant sur un SR, le VSAV a percuté un autre véhicule. Les trois SP et les deux autres victimes ont dû être transportés à l’hôpital.
Crédit photo : LaNouvelleRépublique (SDIS 86)

Rappel du port de la ceinture

Toute fois, dans un soucis de prévention des accidents routiers, la ceinture de sécurité reste un équipement de protection au même titre que son casque F1, sa textile ou sa cagoule sur feu !

Par conséquent, il convient de s’attacher à chaque occasion. Cependant déroger à l’obligation du port de la ceinture (R432-1 du Code de la Route) est possible pour les missions d’urgence et pour les conducteurs uniquement. Le port de la ceinture reste donc, obligatoire pour les autres SP à bord, pour les missions non urgentes et pour tous les déplacements technico-administratifs.

Enfin l’utilité de la ceinture n’est plus à prouver, c’est un réflexe dans nos véhicules personnels. Il doit en être de même dans nos véhicules de secours.

Sources : ministère de l’intérieur ; legifrance

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