L’établissement, ravagé par un incendie ce dimanche 23 juin, occupait une maison en bois du XVe siècle, rendant l’intervention des SP particulièrement délicate.

L’incendie de la maison à pans de bois du XVe place des Merciers, à Dinan, et occupée par le restaurant “Chez la mère Pourcel”, a déclenché un important dispositif de SP à l’échelle des Côtes-d’Armor. En tout, 84 hommes et femmes ont été mobilisés, avec des renforts venus d’Ille-et-Vilaine (SDIS 35).

L’alerte a été donnée peu après 4 h, par Corinne Requena. Avec son compagnon Yannick Uguen, ils gèrent l’établissement depuis un peu plus d’un an. Elle dormait seule dans leur appartement, aménagé au premier étage de la maison moyenâgeuse.

Le Télégramme / Gwen Catheline

« Réveillée par l’alarme incendie »

« J’ai été réveillée par l’alarme incendie, explique-t-elle. Je suis tout de suite sortie et j’ai appelé les pompiers. » À leur arrivée, le bâtiment est déjà mangé par les flammes. L’incendie a en revanche pu être circonscrit et n’a pas eu le temps de se propager à d’autres bâtiments.

Léopold Lesvenan habite à une quinzaine de mètres de l’établissement. Réveillé par sa mère en panique, dans la nuit, il a filmé l’incendie et l’intervention délicate des pompiers. En 2017, le Dinannais avait aussi vécu l’incendie de la rue de la Mittrie, en direct, depuis son logement. « C’est le deuxième incendie en deux ans, on n’est pas très rassurés. »

Publiée par Michel Isabelle Villeneuve Jouan sur Dimanche 23 juin 2019

Des moyens conséquents ont donc été déployés par les SP. Un dispositif qui s’explique par le caractère historique du centre-ville, riche d’un patrimoine bâti datant en grande partie du Moyen Âge, et qui est classé en zone protégée. On y compte notamment quelques maisons en bois, comme c’était le cas pour celle de la mère Pourcel. Construire en 1458, il s’agit de l’une des plus anciennes de la cité médiévale.

Quatre échelles et 84 SP

« Le feu a été très violent, et a vite percé en toiture. Avec ce genre de bois anciens, les poutres et l’escalier notamment, ça va vite, c’est un peu comme à Notre-Dame. Nous avons aussitôt déclenché un dispositif renforcé, en amenant quatre échelles et 84 SP au total. On a mis en place des rideaux d’eau pour éviter la propagation du feu, qui peut aller très vite au vu de la proximité des bâtiments », rapporte le contrôleur général Stéphane Morin, DDSIS 22 , mobilisé sur place.

Une architecture qui ne facilite pas l’intervention

Son architecture a rendu l’intervention des SP particulièrement délicate. « Hormis quelques éléments en pierre, comme un pilier et la tête de cheminée, ce n’est que du bois », décrit le capitaine Benjamin Gaspaillard, Commandant des Opérations de Secours?

Quand lui et ses hommes arrivent sur place, l’officier établit des priorités : « D’abord, nous nous sommes assurés qu’il n’y avait pas de victime, le sauvetage des personnes constitue notre première préoccupation. » Par chance, aucune victime n’est à déplorer, seul trois riverains habitant des immeubles voisins doivent être évacués.

« Ensuite, nous devons sauver les biens, puis l’environnement », poursuit le capitaine Gaspaillard. Le recours aux lances à incendie nécessite une grande précaution. « Nous devions faire attention à l’usage de l’eau, notamment la pression employée, car elle peut être dévastatrice. Sa charge peut fragiliser la structure. »

« On avait des doutes sur la stabilité du bâtiment »

L’intervention se déroule essentiellement depuis la rue. Basée à Dinan, l’unité départementale SD n’a « presque pas pu intervenir à l’intérieur, car on avait des doutes sur la stabilité du bâtiment », renseigne le capitaine Gaspaillard. « Les échelles ont joué un rôle essentiel, ce sont elles qui ont permis de faire baisser l’intensité du feu », précise le lieutenant Patrice Delabrosse, numéro 2 du CIS Dinan.

Moins d’une heure après le début de l’incendie, une partie de la maison s’effondre, coupant l’accès à la ruelle attenante et les bâtiments à proximité. Un SP est légèrement blessé, recevant une poutre au niveau de la poitrine. Il sera brièvement hospitalisé.

À la mi-journée, des incertitudes n’étaient toujours pas levées. Observant les restes fumants tenant encore debout, le capitaine Gaspaillard s’interroge : « Est-ce qu’il va y avoir un autre effondrement ? On ne le sait pas encore, mais il y a un vrai risque, en particulier pour la cheminée. »

Sources : ouest-france ; france3-regions.francetvinfo ; letelegramme

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