Une étude, publiée dans la revue l’Académie de médecine américaine, Jama Network Open , a examiné les données médicales de près de 9 800 pompiers mobilisés le jour même et dans les mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre. Dans les seize ans qui ont suivi, 489 accidents cardiovasculaires ont été enregistrés parmi eux. Avec notamment des infarctus du myocarde, des opérations des artères coronaires ou des décès par crise cardiaque.

Un risque de cancer accru

Parmi eux, 263 cas de cancer ont été recensés pendant les sept années qui ont suivi le drame, contre 238 attendus dans une population générale similaire. Chez les pompiers non exposés, 135 cas ont été répertoriés, pour un nombre de 161 attendus dans la population générale. Les pompiers du 11 septembre qui ont passé des semaines, voire des mois, sur les décombres poussiéreux du World Trade Center ont été 10% plus nombreux à développer des cancers que la population américaine, et près de 20% de plus que leurs collègues pompiers qui n’ont pas participé aux opérations.

Pourquoi sont-ils malades? Les auteurs de l’étude expliquent que « certains contaminants dans la poussière du World Trade Center sont des carcinogènes connus » comme les hydrocarbures polycycliques aromatiques, de dioxines ou encore de polychlorobiphényls.

Pompiers sur les décombres du World Trade Center, le 12 octobre 2001. @Photo Angel Franco. Reuters

Les pompiers arrivés le matin plus affectés

L’étude montre que les accidents ont touché plus fortement les pompiers arrivés sur le site dans la matinée du 11 septembre, plutôt que ceux arrivés l’après-midi ou les jours suivants. Le facteur de la durée a eu aussi son importance puisque les pompiers exposés plus de 6 mois ont été plus touchés.

Cette étude vient s’ajouter à plusieurs autres réalisées ces dernières années sur les conséquences des fumées toxiques qui ont enveloppé le quartier du World Trade Center et rappelle qu’en France l’exposition aux fumées est un réel danger. Selon les chiffres officiels, plus de 200 pompiers new-yorkais mobilisés dans la foulée des attentats ont depuis péri des suites de maladies liées à leur intervention. Vingt-deux nouveaux noms ont été gravés cette année sur le mur érigé en mémoire des pompiers morts à la suite des attentats.

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