Test des manuels de formation de l’équipier Icone Graphic

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Nous avons le plaisir de vous faire notre premier retour de test produit Icone Graphic.

Au déballage du colis !

Avant de s’attaquer au vif du sujet, à savoir le test du manuel d’équipier de Sapeur-Pompier (volontaire ou professionnel), voici quelques mots pour vous présenter Icone Graphic. Cette maison d’édition est très utilisée dans le monde des secours, et pour cause : elle offre un panel très large de supports pédagogiques, de manuels, de mémos, et d’outils pour les métiers du secours à personne. Elle est bien connue de la plupart des SP et ses supports sont largement utilisés dans les formations.

Il y a quelques semaines, j’ai donc eu le plaisir de recevoir les derniers manuels de formation d’équipier Sapeur-Pompier à tester.

Avant de commencer, je rappelle que toute reproduction des ouvrages Icone Graphic est interdite, et que les extraits des livres présents dans cet articles ne sont là que pour vous donner un aperçu du contenu. Merci de respecter et de ne pas les utiliser à des fins personnelles.

Contrairement à l’ancien manuel, qui regroupait tous les items de la formation initiale dans un seul gros volume, cette version actualisée de l’ancienne édition se compose de deux tomes : le premier concerne le secours à personne (conforme aux dernières recommandations de la DGSCGC de 2018), et le second traite de tout le reste des opérations de secours auxquelles un équiper SP peut être confronté. L’ensemble des livres couvre donc le programme de formation initiale (FI) d’un équipier pompier.
Les deux ouvrages sont clairs, illustrés, et incluent des questionnaires d’auto-évaluation des connaissances.

Je vais commencer par vous parler du manuel de secours d’urgence aux personnes.

Cet ouvrage de 354 pages est conforme aux recommandations nationales en vigueur, et se compose de deux grandes parties :
– équipier Prompt Secours (PS)
– équipier VSAV

La partie équipier PS « a pour but de connaître le rôle d’un secouriste, sa mission et les moyens qu’il est susceptible d’utiliser, de prévenir les risques d’aggravation ou de sur accident, d’assurer votre propre sécurité et celle des autres et de mettre en œuvre une conduite à tenir appropriée face à une situation d’accident et/ou une détresse physique, avec ou sans matériel » (p.5) Elle est codifiée par la couleur bleue au long de l’ouvrage (marges, titres et tranche du livre).

La présentation du sommaire P6

L’ensemble est bien construit, cohérent et clair. Le rappel du cadre juridique, les notions élémentaires, la sécurité et l’hygiène et l’asepsie au début de la formation permettent à l’apprenant de comprendre le cadre dans lequel il évoluera en tant que secouriste, en sécurité pour lui et pour les autres. Son rôle, ses responsabilités, les différents intervenants d’une intervention et les risques sont exposés de façon claire, lisible, illustrés par un mélange de schémas, de dessins et de photos.
Puis, une fois le cadre posé, on rentre dans le vif du sujet avec la partie SAP à proprement parler. On attaque donc par les bilans, puis les détresses vitales, les autres atteintes, et les tests de connaissances.

J’apprécie le fait que de nombreux rappels (anatomiques, entre autres) apparaissent au fil des pages, pour assurer une compréhension de la manœuvre, de son utilité, du fonctionnement du corps humain. Les schémas, illustrations ou photo permettent une bonne visualisation de l’apport de connaissance, même si je trouve que certaines photos manquent de précision par rapport aux recommandations (mais c’est vraiment pour être tatillonne… Mieux vaut préférer se baser sur le texte que sur les photos !) Le test de connaissances en fin de partie reprend l’ensemble du programme, et se présente sous la forme d’un QCM de 150 questions.

La première page du QCM SAP…

La seconde partie de l’ouvrage, « équipier VSAV » « a pour objet de permettre à l’apprenant de prendre en charge une ou plusieurs victimes au sein d’une équipe constituée sous la responsabilité d’un chef d’agrès, de mettre en œuvre, en équipe, une conduite à tenir appropriée face à une situation d’accident et/ou une détresse physique, avec ou sans matériel, d’assurer l’inventaire, de contrôler et de reconditionner dans le respect des règles d’hygiène et d’asepsie le matériel nécessaire à une opération de secours d’urgence aux personnes. » (p.189). Elle est codifiée par la couleur verte au long de l’ouvrage (marges, titres et tranche du livre).

Comme pour la première partie, celle-ci comporte un sommaire à son début, page 190. 

Le sommaire de la deuxième partie


Là encore, on y retrouve différents chapitres dont le cadre juridique, les notions élémentaires, la protection et la sécurité spécifiques à l’équipier VSAV. On retrouve dans ces chapitres un approfondissement des notions vues dans la partie secouriste PS avec des apports de connaissances plus spécifiques au monde SP et au rôle d’un équipier SP… Et plus seulement d’un secouriste. On y aborde ce qu’est un équipage SP, les notions de nombreuses victimes, les conditions de sauvetage particulières…
Puis on s’attaque à nouveau à du secours à personne pur avec les éléments de bilan spécifiques aux SP, les malaises et affections spécifiques, les immobilisations et relevages, le relevage avec le brancardage, l’hygiène et l’asepsie pour finir comme pour la première partie par un QCM de test de connaissances.


Cette partie est assez complète également avec quelques éléments de protection contre l’incendie ou de secours routier, étroitement liées à l’activité d’un SP sur une mission de SAP. On y trouve toujours des schémas, photos ou dessins qui viennent appuyer le texte, l’aérer et le clarifier.
Les apports de connaissances sont bien répartis, adaptés et clairs dans chaque partie.


Toutes les techniques enseignées dans les FI y sont. On navigue facilement pour retrouver les informations que l’on cherche. Les codes visuels permettent de retrouver les informations recherchées en un coup d’œil.

Dans les deux parties, des encadrés de couleur apparaissent ; ils reprennent le code couleur utilisé dans les recommandations nationales chez le même éditeur : bleu pour les procédures, et orange pour les fiches techniques.

Les illustrations et les schémas sont pertinents, et offrent à ceux qui ont une mémoire visuelle un support précieux et ludique. Les codes couleurs permettent en un clin d’œil de repérer les informations que l’on cherche (notamment les encadrés procédures et fiches techniques).

Pour résumer : ce livre ne remplace bien évidemment pas une formation encadrée. Cependant, il est bien construit, reprend la globalité des recommandations de premier secours nationales et apporte un certain nombre de précisions indispensables à la bonne compréhension du travail de secouriste chez les SP. Les photos manquent parfois de précision (on va dire qu’elles sont non-contractuelles ^^) si l’on veut être pointilleux, mais le texte est celui de la DGSCGC. Il va plus loin qu’un simple exemplaire des recommandations (téléchargeable gratuitement sur le site du ministère de l’Intérieur), puisqu’il offre une compréhension globale de l’environnement SP.

De quoi noter les spécificités départementales, ou d’éventuelles précisions !

A la fin de chaque partie, on trouve des pages blanches intitulées « notes personnelles » sur lesquelles nous pouvons consigner les spécificités départementales, ou les remarques que nous avons à apporter. Il y a une page à la fin de la partie 1, 4 et demi à la fin de la partie 2.


Un petit reproche concernant les sommaires répartis devant chaque partie, légèrement compensé par les repères visuels bleu et vert ; j’aurais cependant aimé retrouver un sommaire et/ou un glossaire par techniques à la fin du manuel.

Globalement, ce livre est une base à avoir sous la main en cours de formation et par la suite, à consulter régulièrement pour réviser ses manœuvres SAP, tester ses connaissances et être sûr de maîtriser son sujet pour ne pas se retrouver en difficulté. C’est également un bon support à emmener en manœuvre et/ou en garde postée, pour réviser si l’on n’a pas de formateur sous la main ! Le pari pédagogique est réussi.

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A présent, voici mon retour sur le deuxième livre, le manuel d’équiper SP « intervenant(e) des interventions de secours ».

Il comporte 488 pages, et 4 parties :
– Module transverse et culture professionnelle
– Module secours routier
– Module Incendie
– Module opérations diverses

Il est organisé de la même manière que le manuel SAP, avec un sommaire au début de chaque partie, et un QCM pour tester ses connaissances à la fin.

1 . Le module Transverse

Premier module de formation dans le cursus du futur équipier, le module transverse pose les bases du reste de la formation. Nous y retrouverons 4 grandes parties : l’organisation et missions des SDIS/SMIS, un chapitre sur la culture professionnelle, les moyens radio et la préservation du potentiel physique et psychologique. Chaque chapitre a son propre sommaire et test de connaissances.
Le module transverse a pour vocation de permettre “de maîtriser les règles régissant les activités de sapeur-pompier volontaire, de connaître et d’utiliser les moyens de transmission et les procédures radio, d’avoir les connaissances pour préserver son potentiel physique et psychologique et de connaître les règles régissant le statut du sapeur-pompier professionnel” (p.5)

Le sommaire du module transverse

La première partie traite de l’organisation et missions des SDIS/SMIS. Nous y trouvons donc naturellement l’histoire du Sapeur-Pompier, des chapitres sur le service public, sur la sécurité civile, l’organisation des SDIS/SDMIS, leurs missions, les notions de responsabilité, les organes de concertation des SP, les organes associatifs, les casernements et gardes, et le test de connaissance.

S’il y a plus de texte et moins d’illustrations que dans le manuel SAP, les différents aspects de la culture SP sont abordés de façon claire, concise, précise et lisible. Parfois même avec une pointe d’humour…

Le courage ! 🙂

Des schémas et quelques dessins allègent un peu cette partie, qui se veut interactive avec des parties à compléter soi-même selon les informations de son département.

Il est agréable de pouvoir consulter toutes ces informations, qui sont parfois bâclées faute de temps lors de la formation, pour sa culture générale et pour la connaissance et la compréhension du fonctionnement du système dans lequel l’équipier évolue. Il permet à l’apprenant d’absorber ces informations au calme. Mention spéciale au tableau des grades, avec les appellations classiques ET féminisées. Même si ça fait actuellement polémique, il me semble que c’est une bonne chose et une attitude fort progressiste.

Cette partie est une mine d’informations trop souvent négligées, et mérite amplement qu’on y passe quelques minutes. C’est la base de la « culture pompier ». Lors de ma FI, nous n’avons pas eu le temps de trop s’attarder sur ces notions et j’ai apprécié de pouvoir lire ce condensé d’informations dans un seul ouvrage.

La partie Culture Professionnelle reprend sur une quinzaine de pages les informations sur le SP dans la fonction publique, les notions de responsabilité, les organes de concertation des SP, le casernement et la garde opérationnelle, les organisations syndicales, la protection sociale, les formations d’intégration des agents des collectivités territoriales de catégorie C et le test de connaissances, ainsi qu’une page de notes personnelles, pour pouvoir y annoter les éventuelles particularités départementales.

Sommaire Culture Professionnelle


Je ne m’attarderai pas sur cette partie, sinon pour dire que la présentation est claire, schématisée, et qu’elle permettra aux nouvelles recrues d’appréhender au mieux l’environnement SP dans lequel elles arrivent.

La partie Moyens Radio présente sur 8 pages l’utilisation technique et opérationnelle des terminaux radio, l’exploitation des équipements SIC embarqués dans les véhicules et l’équipement sélectif d’alarme. Le but de ces pages étant bien évidemment de comprendre le fonctionnement des moyens radio, leurs critères d’utilisation et leur entretien… Et on trouve bien entendu le test de connaissances ainsi que les notes.

Les différents types de terminaux sont représentés et détaillés, les canaux, raccourcis et codes à utiliser sont bien expliqués. Comme dans l’ensemble de l’ouvrage, les schémas et dessins pertinents apportent lisibilité et facilité de compréhension et de mémorisation.

Procédures radio

Les moyens radios ne sont pas toujours fréquemment utilisés par les équipiers dans les centres, relire cette partie est un excellent moyen de ne pas oublier les codes d’usage pour le jour où, suite à un départ en prompt secours sans chef d’agrès, par exemple, l’équipier doit passer un message radio. Là encore, cette partie est souvent survolée dans les formations, faute de temps, et la non-pratique peut être compensée par ce livre.

La partie Transverse se termine par un chapitre sur la préservation du potentiel physique et psychologique. Il s’agit ici d’acquérir les bases de la compréhension du besoin d’entretien physique, de la physiologie, et de prendre conscience des conditions d’apparition du stress et de comment y pallier. On y trouve donc les objectifs de l’activité physique, des connaissances théoriques et pratiques, la prévention des traumatismes professionnels, l’hygiène de vie, l’entraînement physique, la gestion du stress, le test de connaissance et un encart de prise de notes.

Sommaire Préservation du Potentiel physique et psychologique

Ces pages sont une mine d’informations et permettent à chaque SP (équipier ou gradé) de s’entraîner en conscience et de comprendre la nécessité et la méthodologie d’une bonne hygiène de vie, et d’une bonne condition physique.
Dans la plupart des centres, il y a des référents EAP (encadrement des activités physiques) qui pourront guider les nouvelles recrues dans leur entraînement, de manière plus individualisée que cet ouvrage. Mais il arrive qu’ils ne soient pas disponibles ou qu’il n’y en ait pas : cette partie permet une autonomisation des équipiers et c’est un point très positif.
La présentation met l’accent sur les dessins ou photos pour visualiser les positions des exercices, accompagnés d’explications. Les points à surveiller sont mis en évidence grâce à des panneaux et à un texte rouge et surligné.

Schémas, photos, points à surveiller mis en évidence, tout y est.

Tout y est : l’entraînement, les étirements, le retour au calme… Et j’ai apprécié la représentation d’hommes ET de femmes sur les photos/dessins.
La partie « apport théorique » rappelle le SAP, avec des informations factuelles et illustrées sur le fonctionnement anatomique et les risques de traumatismes.

La partie sur la gestion du stress permet à l’équipier inexpérimenté de comprendre dans quelles conditions il peut être confronté au stress (le sien, ou celui de ses collègues), quelles répercussions ce stress peut avoir, comment il se manifeste…

Les conséquences du stress !


J’apprécie particulièrement l’encart de prise de notes dédié aux protocoles départementaux, qui permet à l’équipier de savoir exactement quoi faire en cas de situation agressive vis-à-vis de lui ou d’un membre du SDIS. Savoir qu’il a noté ces informations ici lui permettra de s’y référer rapidement en cas de soucis.

Pouvoir noter les protocoles de son SDIS, et les retrouver facilement en cas de besoin…

Les méthodes de gestion du stress sont pertinentes ; c’est à mon sens une des parties les plus incontournables du transverse.

Pour finir, on trouve dans cette partie tous les « à côtés » du métier de sapeur-pompier. Ce sont les fondations sur lesquelles on peut rajouter les parties purement opérationnelles.
Dans mon département, le transverse comprend une partie de SAP (l’équivalent du PSE1 en gros), donc ce qui est nommé « module transverse » ici n’est pas exactement ce qui l’est chez moi. Pour autant, on y retrouve toutes les informations pour pouvoir évoluer dans le monde pompier dans de bonnes conditions, c’est particulièrement agréable de pouvoir naviguer facilement entre les parties, chercher rapidement une information.

2. Le module Secours Routier

Le module Secours Routier a pour objet de « connaître les procédures opérationnelles en matière d’intervention sur route, de mettre en œuvre les techniques et matériels de désincarcération et d’intervenir en toute sécurité » p.123

En 60 pages, ce module récapitule l’ensemble des connaissances des référentiels nationaux concernant le Secours Routier. On y trouve donc la conduite générale d’une opération de SR, et les matériels spécifiques.

Le sommaire du Secours Routier

La partie sur la conduite générale d’une opération de secours routier est la plus conséquente. Et pour cause ! On y trouve des informations purement théoriques (lexique de la désincarcération, catégories de victimes, mécanismes des lésions, les cas particuliers de véhicules, …) et des fiches techniques, avec le détail de l’ensemble des manœuvres (protection, balisage, calage, désincarcération…)

Cette partie s’illustre par de très nombreuses photos, illustrations et beaucoup de schémas. La signalétique est claire, les repères visuels sont efficaces.

Icone Graphic ne se contente pas ici de nous détailler les manœuvres, le sujet est traité en profondeur. On y retrouve des connaissances sur la mécanique et la structure d’une voiture (préambule à la désincarcération), chaque matériel contenu dans un VSR est détaillé. Par exemple, les différents types de cales sont représentés (bois, plastique…), pris en photos en et hors situation.

Les photos des manœuvres sont complétées par des schémas, permettant une excellente visualisation de la situation et de l’utilité du matériel.

Manoeuvre pas à pas

Les différents véhicules pouvant intervenir sur une mission de secours routier sont représentés également.

Par curiosité, j’ai ressorti mes cours de FI et je les ai relus. Pas de comparaison possible : l’apport des illustrations change complètement la donne, et je me suis rendue compte qu’une partie des informations contenues dans le manuel n’avaient même pas été abordées lors de ma FI !

Les informations sont actualisées (options « récentes » des véhicules comme le start and stop, les voitures électriques… ) et les manœuvres sont photographiées pas à pas. La compréhension, même sans approche kinesthésique ni manœuvre directe, est aisée et facilitera grandement la mise en pratique !
Petit bémol : seules les principales techniques sont représentées. Si vous voulez approfondir le sujet, Icone Graphic vous suggère d’investir dans son manuel spécialisé sur la désincarcération !

Manoeuvre pas à pas, et pub (à plusieurs reprises) pour le manuel spécifique désincarcération.

Cela dit, vous avez déjà de quoi couvrir un large panel d’interventions avec les techniques enseignées dans le manuel, et tout ce qui m’a été enseigné lors de ma FI figure dans ce manuel (en version remise à jour !).

La partie matériels spécifiques est plus succincte, bien qu’assez complète. On y retrouve le détail des matériels de forcement, leur composition, utilisation et entretien. Je ne m’attarderai pas sur cette partie.

A la fin de la partie SR, nous trouvons comme d’habitude le QCM test de connaissances, puis un encart réservé aux notes personnelles (en fonction des dotations en matériel de vos centres, des spécificités départementales, etc… )

Pour conclure, c’est un excellent support pour une formation SR, et pour réviser en attendant de manœuvrer. On y retrouve toutes les bases du secours routier, conformes au référentiel national, avec la MGO, les techniques les plus utilisées de désincarcération, les règles de sécurité. Les photos « pas à pas » des techniques permettent une très bonne visualisation de la manœuvre et ne laissent pas de place au doute. Même si rien ne vaut un formateur, des manœuvres et de l’expérience, c’est parfait pour partir sur de bonnes bases.

3. Module Incendie

Le module tant attendu par beaucoup de nouvelles recrues a pour objet de « connaître le feu et son comportement, le matériel et les techniques de lutte contre l’incendie, et d’exécuter efficacement les activités incendie conformément aux ordres donnés par le chef d’agrès ».
Ce module nous apporte des connaissances sur les reconnaissances, les équipements de protection, le port de l’appareil respiratoire isolant, les environnements à risque et les premières mesures conservatoires (et le test de connaissances !).

Le sommaire incendie

La première partie du module traite des reconnaissances. Il a pour but d’apprendre aux futurs équipiers à analyser leur environnement, et de rendre compte à leur chef avant engagement.

On y trouve la définition du rôle de l’équipier, le détail des lots de reconnaissance longue et difficile, le rôle de l’équipier au sein du binôme, les règles de sécurité et de prévention. C’est le préambule, sur 5 pages. Et il est bien construit ! Il ne perd pas de temps, va droit au but, et le fait de manière toujours claire, illustrée et lisible.

Clair, lisible et pertinent.

La seconde partie traite des équipements de protection. On y trouve le détail des EPI d’un sapeur-pompier, dont bien sûr la tenue textile classique… mais aussi les tenues spécifiques qui n’ont rien à voir avec l’incendie.

J’aurais plutôt vu les différentes tenues (« insectes », « pollution hydrocarbures », « plongeur », « extraction », « contamination », « GRIMP », « Scaphandre » etc… et même la tenue de sport !) dans le module transverse. Je n’ai pas compris l’intérêt de placer toutes les tenues d’intervention au milieu de la partie incendie et c’est la première fois dans ces manuels que je trouve un choix peu pertinent ! La perfection n’existant pas, reconnaissons au moins à ce manuel le mérite de présenter l’intégralité des tenues d’intervention possibles, même si elle n’est pas forcément placée à l’endroit le plus judicieux.

Tenues de spécialistes. Intéressant, mais à mon sens placées dans le mauvais module.


Cette partie est donc très peu dédiée à l’incendie. Cependant, on y trouve les conseils sur l’importance de l’entretien des EPI, en particulier des tenues feu, puisque rappelons-le, les suies qui se déposent sur nos textiles sont le résultat de la dégradation de multiples matériaux et ont été reconnus extrêmement cancérigènes. Attention, donc ! et bravo pour ce rappel important, car les « anciens » dans les casernes n’en ont pas forcément conscience et il est important que les nouvelles recrues apportent ces notions d’hygiène et de sécurité.

Ensuite arrive la partie sur les ARI, appareils respiratoires isolants. Elle a pour but d’apprendre au futur équipier « à savoir s’équiper de la protection respiratoire, procéder à ses contrôles et agir selon la méthodologie opérationnelle définie par les principes du GNR et en conformité avec les consignes départementales » (p.210).

On commence par un apport théorique sur les atmosphères non-respirables, puis sur les contraintes physiologiques liées au port de l’ARI. Des schémas et des symboles facilitent la lecture et marquent les points importants.

Les schémas, photos, signalétiques et couleurs viennent renforcer la compréhension

C’est concis, et complet.

On trouve ensuite les principes de fonctionnement de l’ARI, à commencer par sa nomenclature.

On trouve ainsi tout ce qu’il y a à savoir sur les différents types d’ARI, qu’ils soient à circuit ouvert (comme dans mon département), ou fermé. Les règles à respecter avant, pendant et après l’engagement sont données de manière claire et complète.
La mise en œuvre de l’ARI est également très complète, illustrée et on y trouve absolument tout (et plus) ce que j’ai pu apprendre lors de ma FI. Un petit rappel de la loi de Mariotte au passage ! Et bien entendu les procédures avant, pendant et après engagement. Des schémas très bien conçus synthétisent le tout.

Un rappel sur les environnements à risque suit, donnant notamment les bases d’explosimétrie, les procédures gaz renforcées, les risques chimiques, radiologiques, électriques, d’effondrement. Comme pour les tenues, je me suis demandé pourquoi on trouvait autant d’informations détaillées sur les risques radiologiques par exemple… d’autant plus qu’il s’agit d’une spécialité non enseignée lors de la FI chez moi. Mais qui peut le plus peut le moins, ça fait ça en plus dans son bagage « culture pompier » !

Les risques chimiques

J’ai trouvé la partie sur la Préservation des Traces et Indices très intéressante. Il y a quelques années, lors de ma FI, ce sujet n’était quasiment pas abordé. On se contentait de nous dire de faire attention à ne pas tout détruire en utilisant trop d’eau. Aujourd’hui, on y met l’accent lors des modules incendie dans mon département, et on a pu assister à la naissance d’une spécialité PTI.

La préservation des traces et indices


Les informations sur les fluides et le déblai sont dans la lignée du reste du manuel : clair, précis, sans superflu. Les matériels sont présentés efficacement, leur utilisation également. Les règles de sécurité sont données.

Vient ensuite la partie Sauvetages et Mises en sécurité. On y trouve les principales techniques de sauvetage, et surtout toutes les informations et manœuvre concernant le LSPCC. Là encore, je ne suis pas déçue : il y a tout. Le contenu d’un LSPCC (engin ou échelle), avec les caractéristiques de chaque agrès, les notions de contrôle et d’entretien du matériel, les amarrages, les nœuds (décomposés !), le reconditionnement, et bien entendu les manœuvres : sauvetage par l’extérieur (point fixe classique ou humain), sauvetage en excavation, protection contre les chutes, et reconnaissance d’appartement/ouverture de porte. Chaque manœuvre est illustrée par sa fiche technique, claire, lisible, où les rôles de chacun et le matériel utilisé sont indiqués.

Sauvetage par l’extérieur

On y trouve ensuite les techniques de maniement des échelles, et même de sauvetages de sauveteurs !

Avant dernière partie de ce module incendie, la partie Alimentation, Etablissements et Extinctions.

Sommaire alimentation, établissement et extinction

Elle commence par les engins de secours. Je ne m’y attarderai pas, les infos sont pertinentes mais ne méritent pas que j’y consacre un grand paragraphe. Même remarque cependant que pour les différentes tenues : ce passage a plus sa place côté transverse selon moi.

Indispensable mais mal placé.

On arrive ensuite sur les matériels de lutte contre l’incendie. Un rappel sur les extincteurs, et surtout sur les pièces de jonctions, accessoires hydrauliques, tuyaux, lances, dévidoirs, production de mousse : le préambule indispensable aux manœuvres ! Chaque pièce, chaque matériel est décrit et photographié ou dessiné avec précision. Leur usage est décrit. C’est un excellent support de révision avant, pendant, et après la formation !
Je passe sur la partie alimentation, très complète avec des informations générales et précises, du réseau de distribution aux poteaux d’incendie (avec fiches techniques d’utilisation) pour arriver sur la partie établissements.

Les établissements illustrés

Très complète également, on y trouve les différentes manœuvres d’établissement schématisées, avec le rôle de chacun, les règles de sécurité, les principes généraux, des photos.

Les schémas offrent une bien meilleure compréhension des manœuvres.

Bien entendu, les principes d’extinction sont énoncés, avec tous les éléments nécessaires à la compréhension d’un incendie, de ses risques et conséquences dans le but d’agir le plus efficacement possible.
On y trouve donc le triangle du feu, les classes du feu, les modes de propagation, le comportement des matériaux exposés au feu…
Puis la Marche Générale des Opérations.

La MGO

Le manuel ne fait pas non plus l’impasse sur les phénomènes thermiques, nous offre un schéma de courbe de développement du feu, bref, toutes les informations apportées lors du module incendie dans mon département y sont. Explicite, aéré, concis et pédagogique.
Le module incendie se termine sur les Moyens Elévateurs Aériens.

Concrètement, c’est un module bien construit, même si je m’interroge sur la pertinence de certains passages au sein du module. Tout ce que j’ai pu apprendre pendant ma FI y est, c’est clair, bien construit, illustré de manière pertinente.



4. Module Interventions Diverses

Ce dernier module permet “de connaître les différentes techniques mises en oeuvre lors des interventions diverses, de mettre en oeuvre les matériels et techniques liés aux opérations diverses et d’exécuter efficacement les activités diverses conformément aux ordres donnés par le chef d’agrès“. (p.417)

Il se compose de deux parties : mise en eouvre et respect des règles de sécurité des matériels d’opérations diverses, et intervention sur ascenseur. Et bien entendu, l’immanquable test des connaissances.

Sommaire Opérations Diverses

La mise en oeuvre et respect des règles de sécurité des matériels d’opérations diverses :

On y trouve les matériels d’épuisement et d’assèchement : cette partie nous offre toutes les connaissances nécessaires à l’épuisement d’un local envahi d’eau stagnante. On y trouve des formules de calcul de surfaces et de cubage, afin d’estimer la quantité d’eau, le matériel de base et sa mise en oeuvre… Mais aussi les descriptions des matériels hydrauliques spécifiques aux épuisements (hydroéjecteur, vide-cave, turbopompe…)

Mise en oeuvre d’une MPR

On y trouve également les matériels électriques portatifs et leurs mesures de sécurité (attention au thermique !), comme les groupes électrogènes… Le lot éclairage n’est pas oublié, et est décrit avec le soin habituel, les outils de forcement sont présentés avec soin, ainsi que les matériels de calage temporaire et leur mise en oeuvre pour l’étaiement d’urgence (sur lequel ma FI avait fait l’impasse…).

Description de matériels

Les manœuvres de dégagement sont également correctement décrites, avec les nomenclatures des tronçonneuses, leurs conditions d’utilisation, dangers et bien sûr règles de sécurité. Même si je ne suis plus équipière, je ne cache pas que revoir la nomenclature de la tronçonneuse a été plutôt bénéfique ^^

La nomenclature de la tronçonneuse…

La deuxième partie de ce module concerne les interventions sur ascenseur. Il s’agit ici d’être en mesure de délivrer une ou plusieurs personne(s) coincée(s) dans un ascenseur sans moyen de sortir par eux même, lorsque le technicien ne peut intervenir rapidement.

Les ascenseurs

On y trouve la nomenclature d’un ascenseur, ses principes de fonctionnement qu’il soit électrique ou hydraulique. La procédure d’intervention est décrite méthodiquement, avec photos et illustrations et moyens mnémotechniques, puis le test de connaissances.

La dernière partie du module Opérations Diverses concerne les risques animaliers. On y évoque la capture d’animaux, et la neutralisation d’hyménoptères.

Sommaire Risques animaliers

Cette partie nous enseigne la conduite à tenir face à différentes espèces d’animaux, des bases de connaissance des comportements animaux (chiens, chats, équidés, bovins, autres mammifères de la ferme et animaux classifiés NAC, nouveaux animaux de compagnie, ce sont les animaux exotiques de type mygale, serpents, sauriens, primates et rapaces). Un rappel de la règle de Hédiger y est faite (ligne critique, et ligne de fuite, qui garantit la sécurité du SP).

Comportements canins

Un rappel du rôle et des grades des vétérinaires SP, des moyens de protection du personnel et des matériels animaliers ainsi que de leur mise en oeuvre suit la présentation des espèces et la conduite à tenir face à chacune d’elle.

Mise en oeuvre du matériel

Pour finir, la dernière partie de ce manuel nous parle des neutralisations d’hyménoptères. Certains SDIS ne pratiquent plus ce type d’intervention chez les particuliers, hors notion d’urgence (personne allergique). On y trouve un rappel des tenues d’intervention, un rappel des risques, les règles d’utilisation des produits de destruction, le déroulement type d’une intervention et les précautions à prendre selon les espèces.
Un rappel nous permet d’apprendre à identifier les différents types d’hyménoptères, dans le but de différencier les espèces protégées (abeilles, bourdons) des espèces nuisibles (guêpes et frelons).

Pour conclure ce test, ces deux manuels devraient faire partie de la bibliothèque de tout jeune (ou moins jeune) équipier de sapeur-pompier. Ils constituent un excellent complément à la formation initiale, et même un excellent support de formation. Si j’y ai relevé quelques coquilles (comme quelques fautes d’orthographe ou mauvais choix de classement d’informations, ou photos imprécises), l’ensemble est bien construit, pédagogique, visuellement agréable à regarder.
Je lui reproche cependant l’absence d’index détaillé complet au début ou à la fin de l’ouvrage, qui faciliterait un peu son utilisation et la recherche rapide d’une information. Le code couleur de chaque partie visible sur la tranche pallie un peu à ce manque, mais ça reste un point négatif pour moi.
Le bilan reste malgré tout plus que positif. Aucune notion ne semble oubliée, les pas-à-pas des manoeuvres sont pertinents, rien de ce que j’ai lu ne m’a laissée dans l’incompréhension.
Icone Graphic fait honneur à sa réputation avec ces livres, que je recommande sans aucune hésitation.

Je les remercie chaleureusement de leur confiance pour ce premier test.
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