Le 21 septembre 2001, à 10h17, le hangar 221 de l’usine AZF de Toulouse explosait. Il contenait un stock d’environ 300 à 400 tonnes de nitrate d’ammonium déclassé, destiné à la production d’engrais. Une catastrophe industrielle sans précédent depuis l’après-guerre, qui a fait 31 morts et plus de 20 000 blessés. 18 ans plus tard, les victimes attendent toujours l’épilogue judiciaire. 

Le cratère de soixante-dix mètres de long et quarante mètres de large sur plus de cinq mètres de profondeur est certes refermé depuis longtemps, mais la cicatrice demeure dans le cœur des Toulousains.

La majorité des victimes a subi les effets directs du souffle de l’explosion, ou ses effets indirects, en étant touchée par des objets portés par ce souffle (éclats de verre notamment). Selon l’Institut de veille sanitaire, de nombreuses personnes souffrent de désordres psychiques (dépressions, angoisses, insomnies), mais aussi de problèmes auditifs. Dix-huit mois après l’explosion, quelque quatorze mille personnes étaient toujours sous traitement pour pouvoir dormir, calmer leurs angoisses ou soigner une dépression.

Le bilan aurait pu être plus lourd si des canalisations de phosgène situées à proximité n’avaient pas résisté à l’explosion.

Le risque d’explosion d’AZF n’était pas prévu dans les plans d’intervention

«Le centre d’appel a été saturé d’informations sur de multiples explosions, on a dû trouver le site en suivant un nuage jaunâtre», évoquait Jean-Louis Auriac, alors lieutenant-colonel de pompiers, l’un des premiers sur les lieux.  Il a rappelé la prise en charge de dizaines d’ouvriers d’AZF et de l’usine voisine SNPE, «prostrés, hébétés», «la crainte d’un sur-accident qui impliquait d’évacuer rapidement le plus grand nombre de personnes».

«On s’est d’abord sentis impuissants, puis il y a eu une montée en puissance des moyens qui ont permis d’extraire des gens vivants des décombres». Il a expliqué les tâtonnements du début en précisant que «le risque d’explosion d’AZF n’était pas un scenario retenu» dans les plans d’intervention.

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