Cet article ne se veut en aucun cas être une doctrine opérationnelle et vous devez si vous êtes concernés suivre les procédures internes de votre SDIS.

En pleine crise de l’épidémie de COVID-19 en France, les sapeurs-pompiers sont associés aux forces de l’ordre et ambulanciers privés en première ligne de “guerre sanitaire”.

Nous devons mettre en oeuvre la plus grande rigueur pour assurer notre sécurité sur intervention notamment. Afin de limiter le risque de contamination entre les personnels d’un même centre de secours ou bien sur intervention entre une victime et les intervenants, chaque SDIS a développé sa propre stratégie d’action.

Nous allons donc présenter les principales mesures de protection prises par les SDIS.

Même si l’Est de la France est fortement touché, les autres régions ne restent pas attentistes et se préparent à traverser la vague épidémique attendue dans les prochains jours.

Au départ de l’intervention

Les appels au 15 (SAMU) où une présomption forte de coronavirus est identifiée n’entrainent pas une intervention des sapeurs-pompiers au profit des ambulanciers privés dans la limite de leur disponibilité. Le cas échéant, le ticket départ présente une mention COVID-19 et entraine le port de la tenue de protection complète dès l’arrivée sur les lieux :

  • gants latex
  • paire de lunettes de protection
  • masque (chirurgical ou FFP2)
  • combinaison

On retrouve ces EPI sous la dénomination de “kit hygiène” dans les VSAV.

Si le motif de départ n’est pas lié à une détresse respiratoire, à une personne inconsciente ou en ACR, il est important de porter un masque chirurgical ou FFP2 en fonction de la dotation dans vos CS “au cas où” et pour faire respecter la règle de distanciation.

Sur les lieux

Il convient pour le chef d’agrès de limiter l’exposition de son équipe à la victime. C’est la raison pour laquelle certains SDIS ont diminué l’armement d’un VSAV passant de 4 à 3 SP.

Ainsi, dans certaines doctrines internes, le chef d’agès et l’équipier s’équipent avec les EPI du “kit hygiène” et vont au contact de la victime. Le conducteur reste dans la cabine.

Intervention des pompiers de Chessy au domicile d'un malade en détresse respiratoire, vendredi.
Crédit photo : Lewis Joly pour le JDD

Le domicile ou l’environnement de la victime étant une source de contamination importante, il faut veiller à y passer le minimum de temps possible et de réaliser le transfert au plus vite. S’il n’y a pas d’urgence vitale, le bilan complémentaire peut être réalisé dans la cabine. L’idéal est de privilégier les consommables au matériel nettoyable (couverture de survie plutôt que la couverture bactériostatique). L’ensemble des consommables devant être jeté dans une poubelle D.A.S.R.I

Après régulation avec le SAMU, le transport se fait avec les deux personnels et la victime dans la cabine. En aucun cas, le conducteur ne doit pas s’exposer sans s’équiper de la tenue complète.

L’arrivée au CH entraine le transfert de la victime selon les conditions propres à chaque service d’urgence que nous ne détaillerons pas dans cet article.

Les deux personnels montent alors encore une fois à l’arrière du véhicule et restent équipés de leur tenue.

Au retour de l’intervention

La cabine doit être désinfectée. Certains SDIS ont aménagé des zones de désinfection dans les CSP mais il se peut que vous deviez la faire dans votre CS. Vous devrez ainsi réaliser la désinfection de la cabine du VSAV et vous serez tenu de prendre une douche afin d’éliminer un éventuel risque de contamination (changer également sa tenue). Certains départements interdisent le retour au domicile de vêtements contaminés et font en sorte d’assurer le nettoyage dans les machines du SDIS ou bien dans votre centre si vous disposez d’une machine (lavage machine 60°C).

Restez attentifs à d’éventuels symptômes dans les jours qui suvient et contacter immédiatement votre chef de centre si vous en présentez.

Vie de caserne

Enfin, nous attirons votre attention sur l’importance d’arrêter temporairement toute activité opérationnelle ou amicaliste. Les prises de garde, séances de sport ou réunions doivent être reportées pour limiter une éventuelle contamination en interne d’un centre de secours.


La durée d’intervention rallongée et la complexité étant accrue, il sera nécessaire de rester concentré et attentif à nos moins gestes pour éviter la propagation du virus au sein des cellules de nos VSAV.

Nous vous souhaitons bon courage dans vos interventions et nous comptons sur vous pour prendre soin de vous, de vos proches et de vos collègues en appliquant rigoureusement vos procédures internes. Elles sont contraignantes mais garantissent votre sécurité et protègent vos familles.

Vous trouverez ci-dessous une vidéo publiée par le SDIS 58 qui présente leur procédure d’habillage et de déshabillage pour prévenir la contamination.

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