Objectif : Connaitre les généralités sur le feu de forêt, ainsi que les manœuvres FDF. Ce document ne doit pas remplacer les guides départementaux de référence ni la formation qui peut être différente selon les départements.

  • Introduction
  • Définition
  • Généralités sur la DFCI
  • Aménagement du territoire forestier
  • Information et communication
  • Innovation
  • Les différents types de feu
  • Les différents types d’attaque du feu
  • Les différents procédés d’extinction
  • L’armement des CCF
  • Le matériel hydraulique spécifique aux FDF
  • Les équipements de protection individuelle
  • La sécurité collective
  • Les manoeuvres FDF

 


Connaissez-vousles différentes strates de végétations au sein d’une forêt ?

 

Association d’êtres vivants composés de végétaux et d’animaux, dépendant tous les uns des autres et de leur environnement physique, le milieu forestier est un écosystème stratifié.

 

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1. La structure verticale de la végétation :

Une structure de végétation où les strates de végétation se touchent favorisera le passage du feu jusqu’à la cime des arbres. Lors de débroussaillements préventifs contre les incendies de forêts, c’est cette continuité de la végétation (tant verticale qu’horizontale) que l’on cherche à rompre, afin de limiter la propagation potentielle d’un feu.

 

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1.1 La répartition de la végétation :

Un combustible réparti de façon régulière et contiguë favorisera davantage la progression d’un feu que des bosquets isolés par exemple.

 

 

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 1.2. Le relief

L’exposition est importante car à l’adret par exemple, la végétation est davantage soumise au dessèchement, son inflammabilité s’en trouve alors augmentée.

 

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La pente est primordiale, un feu progresse toujours plus vite en montée car la pente favorise le préchauffage de la végétation en avant du feu par le front de flamme. En effet, en montée, l’angle entre le feu et son combustible se trouve réduit, c’est le contraire en descente. ​

 

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1.3. La météo

La température, l’ensoleillement et l’humidité de l’air sont des facteurs influençant les probabilités d’éclosion d’un feu puis sa vitesse de propagation. C’est pour cette raison que ces paramètres sont à prendre en compte lors de la modélisation d’un feu.
De façon générale, plus il fait chaud et sec, plus le risque d’incendie augmente.

Le vent est un des facteurs qui va le plus influencer la propagation d’un feu, en fonction à la fois de sa force et de sa direction, il sera déterminant pour connaître la vitesse de progression d’un front de flamme ainsi que la direction prise par le feu.

 

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2. Généralités sur la DFCI

Pour protéger la forêt des risques d’incendies, la DFCI participe à la prévention dont l’enjeu est d’assurer la préservation d’un milieu forestier qui profite à tous. Elle constitue un des maillons essentiels de la protection de la forêt, la DFCI remplit une mission d’intérêt général orientée selon 3 axes :

l’aménagement, l’information et l’innovation. 

 

3. Aménagements du territoire forestier

Les travaux d’infrastructures et les équipements représentent l’action de base de l’activité de prévention DFCI départemental. C’est sur eux que repose l’efficacité opérationnelle liée à la rapidité d’intervention et d’approvisionnement en eau pour la lutte active.

Afin d’assurer une prévention efficace, les travaux de DFCI portent sur l’ensemble du massif dans une logique de cohérence et de continuité du réseau de pistes et de fossés, quelque soit le statut des propriétés.

Pistes, chemins, pare-feu, fossés, ponts, passages busés, passages à gué, points d’eau, forages, empierrement des entrées des pistes, hydraulique, signalisation, débroussaillement…

3.1 La signalisation

 

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3.2 La desserte forestière

  • Les pistes : la fonction de pénétration rapide et en tout point a été privilégiée. La densité de toutes les pistes principales ou secondaires et tertiaires représente un maillage voisin de 3 à 4 km pour 100 ha.
  • Les ponts et passages à gué : ces ouvrages de franchissement (essentiellement des passages busés) complètent les pistes dans cette région où le réseau hydrographique est particulièrement dense.

 

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3.3. Les fossés et les canaux 

 la mise en valeur du massif forestier est étroitement liée à l’assainissement qui permet de contrôler le niveau de la nappe phréatique et d’évacuer l’eau de ruissellement. Ce réseau permet l’implantation de jeunes arbres et limite le risque de propagation des incendies au printemps, période à risque élevé.

 

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3.4. Puits et forage, points d’eau aménagés 

ils sont la condition indispensable au bon fonctionnement des moyens de lutte terrestres. Plus ils sont nombreux et à proximité des foyers potentiels, plus vite le feu sera combattu. On utilise des forages, des points d’eau aménagés, des citernes. L’objectif est de disposer d’un point d’eau tous les 2 km à 2,5 km soit un point d’eau pour 500 ha.

 

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4. Information et communication 

La prévention des feux de forêt passe obligatoirement par la communication via des campagnes d’information, d’éducation et de sensibilisation afin que chaque public visé (élus, grand public en général, scolaires, étudiants et touristes), ait conscience du risque de feu et adopte les « bons comportements » en forêt.

5. Innovation

 

 

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Le SIG (système d’information géographique) est un outil d’aide à la décision permettant d’avoir une connaissance approfondie du territoire forestier à partir de cartes IGN et repérage GPS.

6. Les différents types de FDF 

– Les feux de lisières, d’humus, peu virulents : Consummation lente des végétaux dans la profondeur du sol. Nécessite de déverser beaucoup d’eau pour obtenir l’extinction complète (Le feu couve en profondeur). Une action complémentaire de séparation du combustible par déblaiement est impérative

 

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– Les feux de sous bois et de récoltes sur pied (feux de surface) : Il s’agit de feux traditionnels dont la propagation peut être rapide lorsqu’ils se développent librement, de surcroît si les conditions sont favorables à la propagation (vent, relief).

 

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-Les feux de cimes : Feux très violents se propageant rapidement. Il s’agit souvent d’un feu de surface qui, en raison de la force du vent se transforme en feu de cime.

 

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7. Les différents types d’attaque d’un feu 

7.1.  La sectorisation d’un feu

Le découpage d’un feu en différents secteurs se fait de la façon suivante :

 

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7.2. Les accès au feu 

 

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7.3. La pente

Le feu peut soit progresser en montant ou en descendant la pente d’une colline.

Feu montant —-> feu rapide et virulent

Feu descendant —-> feu lent et peu virulent

7.4. Point sensible

Elément naturel ou construction (lotissement, camping, relais radio, etc…) se trouvant dans l’axe de propagation du feu et dont la protection est nécessaire pour la sauvegarde des vies, des biens et de l’économie.

7.5.1. Attaque de front

But : fixer la pointe

Lieu : sur le secteur avant

Ne peut se réaliser qu’avec des moyens hydrauliques importants (1G.I. pour 80m de front). Un appui aérien est souhaité lors de cette manœuvre

 

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Il s’agit d’une situation difficile et dangereuse. Dans le cas d’un feu virulent ou très virulent, cette action ne pourra pas être menée.

7.5.2. Attaque de flanc

But : éviter l’élargissement des flancs, puis remonter vers l’avant.

Lieu : sur les flancs (secteur gauche ou droit)

La progression du feu étant moins rapide, cette attaque devient donc réalisable.

 

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7.5.3. Attaque de front par percée de flanc

But : atteindre l’avant du feu en passant par le brûlé :

Lieu : effectuer une percée sur un flanc et remonter vers l’avant

 

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Cette manœuvre est facilitée par un deuxième établissement qui permet le noyage des braises dans le brûlé alors que l’établissement de tête rejoint l’avant du feu pour tenter de le fixer.

Remarque : cette manœuvre peut être réalisée en faisant pénétrer les engins par la percée.

8. Les différents procédés d’extinction

En règle générale en supprimant les causes, on supprime les effets.

Pour les feux de forêts on agit sur les trois paramètres du triangle du feu :

  • actions sur les combustibles,
  • élimination de l’oxygène,
  • réduction de la chaleur.

Etouffement : L’étouffement consiste à supprimer l’apport d’oxygène nécessaire au développement de l’incendie. L’étouffement peut être pratiqué par :

  • apport de terre,
  •  emploi d’eau et de produits chimiques (mouillants),
  • battage du végétal.

Refroidissement : Le refroidissement consiste à abaisser la température des végétaux, par application d’eau ou de terre mouillée.

Traitement des lisières : Le traitement des lisières consiste à noyer la frontière entre la partie brûlée et la partie non brûlée. A noter que ces différents procédés d’extinction peuvent être complétés par des actions mécaniques visant à limiter ou stopper la propagation (ex : réalisation d’une tranché dans un feu d’humus.

8.1 Traitement de lisières

Un feu est considéré totalement éteint que lorsque les lisières sont toutes traitées entièrement. On peut procéder de deux façons :

  • le grattage des parties brûlées au moyen de matériel de forestage (long, nécessite un potentiel humain important),
  • le noyage, emploi de l’eau de préférence avec un additif (mouillant ou moussant).

La tenue est déterminée par le chef d’agrès. Cette opération s’effectue de préférence avec une lance de 100 l/mn.

Commencer par un jet bâton à la lisière Vert/Brûlé en dirigeant toujours le jet vers le brûlé !!! Cette action doit remuer et fouiller le sol à 5 cm de profondeur environ.  Il est nécessaire de travailler 2/3 partie brûlée et 1/3 partie non brûlée. 

Compléter l’action par un jet diffusé 3 à 5 mètres environ de part et d’autre de la lisière Vert/Brûlé. Cette action doit parfaire le noyage en humidifiant le sol. Aucune braise ou fumerolle ne doit subsister.

9. Armement des CCF

Le CCF est l’engin de base utilisé dans la lutte contre les feux de forêts. Il est susceptible, de par ses caractéristiques techniques, son armement et son personnel, d’effectuer des opérations de lutte contre l’incendie d’espaces naturels, de protection des biens, des personnes et de l’environnement. Son aptitude au franchissement lui permet d’intervenir sur des terrains difficiles et par mauvaises conditions climatiques.

 

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10. Matériel hydraulique spécifique aux feux de forêts 

Les règles d’établissement adaptées aux feux de végétation (point d’eau point vers d’attaque), et l’autonomie limitée des CCF, ont nécessité la mise en place d’agrès spécifiques. Leur utilisation est décrite dans le guide de manœuvre FDF.

Tuyaux : en plus du dévidoir tournant traditionnel (LDT), on trouve :

  •  un dévidoir tournant équipé de 120 m de tuyaux de 45 souples,
  • Claies de portage de 45 : 4 tuyaux de 45 roulés sur eux-mêmes et une divison 40-40/2×20
  • Claies de portage de 25 : 4 tuyaux de 23 souples, roulés sur eux-mêmes + 1 tuyau de 45 + 1 division 40-40/2×20

 

 

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Les lances :

Différents types de lances existent pour le feu de forêt. Les plus courantes étant les LDV 40, lances de 20/7, lance écran (auto-défense du groupe).

Pièces de jonctions :

  • Les raccords intermédiaires et raccords de réductions et de transformations
  •  La division « feu de forêt » 40/40-2×20 à clapet qui permet les transformations ou le jalonnement. Le clapet avec purge sert au démontage de la colonne d’eau et permet l’économie d’eau en cas de rupture de tuyaux,
  •  La vanne d’arrêt ou « robinet américain » de 40 DSP, permet la prolongation à la lance sans faire couper l’établissement.

 

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Accessoires hydrauliques :

  • L’hydro-éjécteur alimenté par un tuyau de diamètre 45, il refoule par venturi en diamètre 70, permet le ravitaillement de l’engin sur des points d’eau naturels ou artificiels en cas d’impossibilité de mise en aspiration. Cette manœuvre nécessite de disposer d’une quantité suffisante d’eau dans la citerne (300 litres). Sous 8 bars l’alimentation de la citerne demande 6 minutes. L’hydro-éjecteur peut également être utilisé en épuisement.
  • Les seaux pompes dorsaux (16 L) permettent de traiter les zones en combustion difficiles à atteindre.

 

Des canons de 1000 l/mn peuvent être installés sur les CCFS ou sur des engins porteurs d’eau pour permettre le traitement de ligne d’appui, d’attaque directe, ou de protection. Ces véhicules en mission alimentation disposent également de motopompes de relais sur claie de portage afin de relever la pression en cas d’établissement de grande longueur

 

11. Les équipements de protection individuelle 

La tenue est adaptée en fonction du sinistre. Port de la veste de feu textile ou non.

 

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12. Sécurité collective

Au cours d’une opération Feux de Forêts, quatre grands principes sont à respecter :

  • Evoluer en binômes,
  • Surveiller l’évolution du feu par rapport à sa position,
  • Signaler à son chef d’agrès l’apparition de signes de fatigue,
  • Rester en contact permanent avec son chef d’agrès.

En cas de danger inévitable, il y aura lieu sous l’autorité du chef d’agrès :

  • de se regrouper,
  • de gagner les zones brûlées, et/ou de fuir vers les flancs du feu,
  • de se protéger à l’aide des équipements de protection individuelle (appareil respiratoire individuel de fuite),
  • de se réfugier à l’intérieur des véhicules auto-protégés, vitres fermées.
  •  de se signaler aux autres moyens de secours.

13. Les manoeuvres FDF 

 

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13.1. L’auto-défense du GIFF

Position classique

 

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Position « coquille de noix »

 

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Position en colonne

 

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13.2. La défense de point sensible

Les points sensibles peuvent être des habitations, des relais hertzien, des stations de compression de gaz, des établissements industriels ou recevant du public, etc. La protection du point sensible consiste à sauvegarder ce dernier en déviant le feu.

Le personnel porte la tenue d’intervention complète (+ poncho thermique si nécessaire).

En fonction des risques, le chef de groupe FdF adapte sa manœuvre à la situation rencontrée. Il applique et fait appliquer les mesures de sécurité, les actions à réaliser peuvent être :

  • le confinement de la population,
  • l’évacuation partielle ou totale de la population,
  • la fermeture des portes et des volets,
  • la vérification de l’état de la toiture,
  • la recherche des locaux à risque et sources d’énergie,
  • la recherche des points d’eau éventuels,
  • l’établissement des lances,
  • mouiller les éléments fragiles des habitations,
  • etc

 

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13.3. Etablissement de la ligne d’appui 

13.3.1. La ligne d’appui statique

Les véhicules se placent sur un des côtés de la piste en laissant le libre passage. Ils se garent tous les 20 m maximum. Chaque CCF établit une à deux lance(s). L’ouverture des lances se fait sur ordre du chef de groupe FDF.

 

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13.3.2. La ligne d’appui dynamique 

Lors de la réalisation d’une ligne d’appui dynamique, le GIFF conserve sa mobilité tout en effectuant une attaque en mouvement au moyen de lances canons actionnées depuis les CCF.

 

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Source et crédits photos : Documentation SDIS 44 – SDIS 22 – SDIS 69 – SDIS 34 – GNR FDF  – ECASC Valabre – DFCI Aquitaine

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