Le 25 août, Dragon 29 est intervenu au phare du Petit-Minou pour hélitreuiller un kayakiste décédé. | DR

L’équipage du Dragon 29, basé à l’aéroport de Pluguffan près de Quimper, a connu un mois de juillet calme et une activité importante en août. Bilan avec Philippe Joly, le chef de base.

Entretien

Philippe Joly, chef de base de la sécurité civile de Quimper-Pluguffan et chef interbases de la zone Ouest

Philippe Joly, 60 ans, chef de base de la sécurité civile du Finistère à Quimper. | Archives Ouest-France

Comment s’est passé l’été pour Dragon 29 ?

Un été atypique. À part les trois missions de treuillage sur des bateaux les 2, 3 et 31 juillet, le mois a été atone. Mais en août, ça a été la folie : sauvetages sur des sentiers côtiers, pêcheurs à pied, chalutiers, chutes de personnes dans les falaises, accident de parapente au Menez-Hom… Au total, on a fait 13 missions de treuillages (trois en juillet et dix en août) et 46 treuillages opérationnels (une mission peut en comporter plusieurs) contre 9 missions et 34 treuillages opérationnels à l’été 2016.

L’intervention la plus marquante ?

L’hélitreuillage du kayakiste décédé au phare du Petit-Minou le 25 août : c’est toujours triste de treuiller une personne qui a perdu la vie… Le secours, c’est une addition de chance ou de perte de chance. De façon générale, on a eu moins d’accidents de plongée que les autres étés. Un de nos enjeux majeurs pendant la période estivale, c’est de ne pas fermer nos bases. Aucune de nos quatre bases de l’Ouest n’a fermé cet été. C’est remarquable et ce n’était pas gagné avec les feux importants dans le Sud qui nécessitaient du renfort.

Quel est le bilan du 1er janvier au 31 août ?

Une activité similaire : 241 personnes secourues depuis le début de l’année, 235 en 2016 et 230 en 2015 sur la même période. On a rattrapé notre retard en août !

C’est un plus de bénéficier chaque été d’un sauveteur héliporté, l’un des 20 plongeurs des SP de Quimper…

Oui, il est dispo tout l’été à la base, lors des ponts de mai et des vacances de Pâques (le reste de l’année, on passe le prendre au CSP). J’aimerais aussi qu’il le soit pour les grandes marées. C’est un « troisième membre » de l’équipage : il permet de répondre à tous types de missions et de partir plus vite. En plus de la création d’une instruction ministérielle relative à l’emploi des hélicoptères qui n’existait toujours pas, la sécurité civile envisage la création officielle des unités de sauveteurs héliportés. À Quimper, elle existe depuis 2003 : on est dans l’air du temps depuis quinze ans !

La base déménagera-t-elle dans le Nord du département comme cela a été évoqué ?

Il n’y a rien de nouveau. La priorité 2017 était le déménagement de la base avions de Marignane à Nîmes, où tout est concentré depuis le printemps. Ici, nous sommes quatre pilotes et trois mécaniciens (un quatrième parti en novembre n’est toujours pas remplacé). Nos hélicos arrivent à mi-vie (quinze ans) : on doit les adapter pour les mettre aux normes. C’est très coûteux et notre priorité est toujours de nous demander si la situation correspond en permanence au besoin en secours.

 

Source de l’article: ouest-france

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